"A Bruxelles, on se dirige vers un probable déficit abyssal"
Pour Clémentine Barzin (MR), le gouvernement bruxellois en affaires courantes prend des risques inconsidérés.

- Publié le 11-09-2025 à 14h17
- Mis à jour le 11-09-2025 à 14h28

La conséquence la plus grave de l'absence de gouvernement est budgétaire : sans décision politique, le déficit budgétaire régional poursuit sa plongée vers l'abîme. En un an, la note de la Région bruxelloise a été dégradée à deux reprises par l'agence de notation Standard & Poors, dont la dernière fois, en juin.
Pour rappel, le déficit bruxellois avait atteint 1,4 milliard d'euros en 2024 (sur un budget de 7,6 milliards). Et la dette globale dépasse désormais les 14,5 milliards d'euros.
Des mesures conservatoires du gouvernement en affaires courantes ont permis, depuis le début de l'année 2025, de réduire les dépenses de 255 millions d'euros. A priori, cela pourrait limiter le déficit à 1,2 milliard d'euros en fin d'année.
"Malheureusement, cette baisse est aujourd'hui totalement hypothétique et le déficit réel pourrait en fait atteindre 1,55 milliard d'euros, ce qui serait pire qu'en 2024, malgré le régime des 12es provisoires. Le gouvernement prévoit une provision excessive pour la société du logement et en 2025, la charge des intérêts de la dette a aussi augmenté de 80 millions d'euros…, note Clémentine Barzin, chef de groupe MR au Parlement bruxellois, qui a analysé les toutes dernières données envoyées aux députés ce mardi par le gouvernement bruxellois. On se dirige vers un probable déficit abyssal. Nous regrettons que le gouvernement sortant ait échoué à réaliser un budget d'urgence, pourtant annoncé en juin, afin de limiter la casse budgétaire. Après des années de laisser-aller budgétaire et malgré les alertes de Standard & Poor's, ce gouvernement prend des risques inconsidérés pour Bruxelles."
Et la situation n'est pas sur le point de se résoudre : la dernière tentative de former un gouvernement à 6 partis a échoué en raison du refus de l'Open VLD, et le MR refuse de travailler à la mise en place d'un budget, avec les cinq autres partis (PS, Engagés, Groen, Vooruit, CD&V), qui disposent ensemble d'une majorité suffisante pour voter un budget au Parlement bruxellois. "Les mesures à prendre pour sauver Bruxelles sont tellement difficiles politiquement que, hormis si vous êtes dans un attelage gouvernemental, personne n'abattra ses cartes", avait assuré David Leisterh, président du MR bruxellois dans La Libre.