Theo Francken veut que la Belgique soit impliquée dès le début dans l'avion de combat du futur
La Belgique devra être impliquée dès le début dans le projet d'un avion de combat européen de 6e génération, a martelé mercredi le ministre de la Défense, Theo Francken, en commission de la Chambre.

- Publié le 24-09-2025 à 16h35
- Mis à jour le 24-09-2025 à 16h42

Le ministre N-VA n'entend pas reproduire le choix de la Belgique du début des années de 2000 de ne pas entrer dans le programme de développement de ce qui allait devenir le F-35.
"Je tiens en tout cas à affirmer très clairement que nous ne pouvons pas nous permettre, comme cela a été le cas pour le développement du F-35, de ne pas être impliqués dès le début dans le développement d'un avion de combat européen de sixième génération. Je demande également le mandat de la Chambre à cet effet. Nous devons être impliqués, comme nous l'avons été à l'époque dans le programme F-16. Des entreprises telles que SABCA, Sonaca et Safran continuent de prospérer grâce à leur participation il y a 50 ans. Ces magnifiques entreprises continuent ainsi à créer des emplois de haute qualité, à innover et à développer des technologies. Nous devons à nouveau être impliqués dès le début dans ces programmes, sinon ce sera une occasion manquée", a-t-il expliqué en réponse aux députés.
Sous la législature passée, la Belgique a reçu le statut d'observatrice du programme SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) initié par la France et l'Allemagne et qu'a rejoint l'Espagne. Un engagement budgétaire de 360 millions d'euros est prévu jusqu'en 2029. La Vision stratégique pour la Défense approuvée par le nouveau gouvernement prévoit que la Belgique devienne un partenaire "à part entière" du programme à condition que son industrie puisse y contribuer.
Or, l'un des principaux initiateurs du SCAF, l'avionneur français Dassault, ne se montre guère enthousiaste: en 2018, la Belgique a choisi le F-35 américain pour remplacer ses chasseurs en F-16, et s'apprête à faire de même pour 11 appareils supplémentaires. Le patron de Dassault, Eric Trappier, s'en est ouvert au mois de juillet. "Si (la Belgique) renonce à l'idée d'acheter des F-35, elle sera la bienvenue, sinon, cela reviendrait vraiment à se moquer de nous", a-t-il déclaré.
Le même PDG ne s'est pas montré plus amène à l'égard de son partenaire allemand. Il a assuré mardi que Dassault était capable de produire cet avion tout seul.
"Les déclarations de M. Trappier concernant la participation éventuelle de la Belgique au programme SCAF sont regrettables. Des discussions seront engagées avec l'Allemagne, la France et l'Espagne par les voies diplomatiques, militaires et industrielles afin de clarifier la position et la valeur ajoutée de notre pays", a expliqué M. Francken.
L'option 1 reste la participation au SCAF mais si le programme ne devait pas se réaliser, le ministre N-VA est prêt à étudier d'autres options.
