Le gouvernement Degryse esquive la motion de méfiance contre Jacqueline Galant: une entourloupe ?
Le partage supposé d'un tweet injurieux à l'égard de la RTBF par le président du MR n'a pas détourné la majorité de son objectif.

- Publié le 23-02-2026 à 20h03
La polémique autour des propos tenus sur la RTBF par la ministre francophone des Médias, Jacqueline Galant (MR) lors d'une conférence de son parti à Walhain en janvier a-t-elle connu son épilogue lundi matin ? Les députés de la Fédération Wallonie-Bruxelles étaient réunis de manière exceptionnelle en séance plénière pour voter une motion de méfiance à l'encontre de la ministre, motion qui avait été déposée par les partis d'opposition − PS, PTB, Écolo et Lib·res (le député Fabian Maingain).
Rappelons de manière très résumée que Jacqueline Galant avait exprimé son "espoir" de voir la ligne éditoriale de la RTBF aller plus vers la droite avec le remplacement prochain "de l'administrateur général et du directeur de l'information". Elle considérait aussi qu'il y avait parmi "les jeunes journalistes" du service public, "beaucoup de gauchos".
Confiance plutôt que méfiance
Lundi, surprise, la ministre-Présidente Elisabeth Degryse (Les Engagés) avait déposé, au nom de son gouvernement (MR-Les Engagés), une motion de confiance pour l'ensemble de l'exécutif. Exit donc la méfiance demandée par l'opposition et bonjour la confiance qui a été votée sans surprise majorité contre opposition.
Les députés de l'opposition Roberty et Casier (PS), Pavet (PTB), Linard (Écolo) et Maingain (Lib·res) ont regretté notamment le silence de Jacqueline Galant. Il est vrai que la ministre sera restée muette durant toute la séance plénière. Ils ont dénoncé une entourloupe visant à éviter à certains députés MR et Les Engagés peu en phase par les propos de la ministre de devoir se prononcer sur cette motion de méfiance.
Un "Oh, putain Diana" a même retenti des bancs de l'opposition lorsque la cheffe de groupe MR Diana Nikolic a pris la parole pour défendre la motion de confiance. Cette dernière a rétorqué par un "putain toi moi-même" , suscitant en réaction l'énervement de Christie Morreale. "Est-ce que tu te rends compte de la situation, nom de Dieu ?", a lâché cette dernière. La virulence de l'échange a obligé le président de l'assemblée, Benoît Dispa (Les Engagés) à intervenir pour ramener le calme.
L'opposition se sentait d'autant plus flouée par la manœuvre de la majorité que samedi plusieurs captures d'écran émanant du réseau social X ont créé un nouvel émoi politique. Ces captures d'écran montraient une publication émanant d'un compte flirtant régulièrement avec l'extrême droite et qualifiant entre autres les journalistes de la RTBF de "gestapistes" être repartagée par le… Président du MR, Georges-Louis Bouchez. Interrogé par la DH, celui-ci a affirmé, malgré les captures d'écran qu'il n'avait jamais partagé ce post même s'il ne nie pas le faire parfois pour d'autres publications du même compte, parce que "c'est un compte avec lequel je suis assez en accord sur les propos déployés".
Cette nouvelle affaire qui touche le MR et la RTBF n'a pas ému la majorité qui ne s'est pas exprimée là-dessus et est restée accrochée à sa motion de confiance.
Cette motion déposée directement par le gouvernement était-elle une entourloupe comme le pensent les députés de l'opposition ?
Après s'être quelque peu divisée sur les propos de Jacqueline Galant, la majorité devait en tout cas resserrer les rangs. D'autant plus que depuis cette affaire "Galant", un autre fait est encore venu empoisonner la vie du gouvernement Degryse.
Une plainte pour harcèlement contre Elisabeth Degryse
On apprenait, samedi, à la lecture du Soir, qu'une plainte avait été déposée auprès du tribunal du travail de Bruxelles par une collaboratrice de la cellule culture du cabinet Degryse contre la ministre-Présidente elle-même et sa cheffe de cabinet. Cette ex-conseillère de cabinet accuse ses deux patronnes de harcèlement, ce que Degryse conteste.
Faire voter la confiance du gouvernement est peut-être, sans doute ou avec certitude (biffer la mention inutile), une manière adroite de faire le ménage, d'un point de vue politique. À condition que ces deux affaires ne rebondissent pas trop vite, cela pourrait sinon devenir intenable.