Bart De Wever crée un malaise à la Chambre en laissant échapper un commentaire sur un député: "Je n'aurais pas dû utiliser un tel mot, je le retire"
La réaction du Premier ministre a stupéfié les socialistes. "Je n'aurais pas dû utiliser l'autre mot. Je le retire et je m'en excuse", a désamorcé le chef du gouvernement.
- Publié le 27-02-2026 à 10h13
Il y a eu un petit moment de flottement jeudi après-midi à la Chambre. "Imbécile", a-t-on entendu jaillir depuis le siège occupé par le Premier ministre Bart De Wever.
L'insulte a été entendue alors que le député fédéral Khalil Aouasti (PS) s'exprimait sur la volonté défendue par la majorité parlementaire de réformer la loi spéciale fixant les conditions de nomination des juges de la Cour constitutionnelle.
La majorité espérait recueillir les voix du PS (dans l'opposition) afin de pouvoir obtenir une majorité des deux-tiers lui permettant de modifier la loi spéciale. Cette modification implique notamment d'imposer aux 12 membres de la Cour constitutionnelle d'être titulaires d'un diplôme universitaire en droit ou équivalent. Actuellement, seule la moitié de la Cour non issue du milieu politique doit remplir cette condition.
Le PS a indiqué qu'il ne soutiendrait pas cette réforme, notamment parce que la présence d'anciens parlementaires non-juristes permettait d'apporter un regard différent au sein de la Cour. Le député Aouasti a également souligné que les exigences pour cette réforme n'étaient pas demandées dans d'autres procédures. Le socialiste a ainsi questionné les procédures déterminant le bilinguisme des candidats dans la trajectoire pour accéder au poste.
C'est ce qui a fait bondir Bart De Wever de son siège.
"Imbécile"
Le mot "imbécile" a provoqué un malaise lisible sur les visages des députés fédéraux présents à la séance plénière. Une partie de l'hémicycle – à moitié vide – a voulu confirmer ce qu'elle venait d'entendre. Bart De Wever avait-il déclaré "imbécile" ou "c'est imbécile" ?
"Vous traitez un député d'imbécile ?", s'est indigné le député fédéral Patrick Prévot (PS). Sur le moment, le Premier ministre n'a pas nié, mais il n'a pas non plus confirmé.
"Le Premier ministre interrompt un député en considérant qu'il est imbécile", a notifié Khalil Aouasti.
Le vice-Président de la Chambre, Wouter Vermeersch (VB), n'a pas souhaité notifier l'incident dans le procès-verbal, reléguant la discussion à plus tard.
Bart De Wever s'explique
Quelques interventions plus tard, Bart De Wever s'est expliqué à l'assemblée. "M. Aouasti, vous avez parlé de la connaissance fonctionnelle de l'autre langue. Vous dites qu'il est idéal de parler les langues nationales du pays", mais pas indispensable, a-t-il relevé.
Le Premier ministre, qui a les réformes institutionnelles dans ses compétences, a paru particulièrement choqué par l'idée qu'on puisse défendre une candidature peu bilingue. "J'ai utilisé un mot trop fort. Je profite de l'occasion pour le retirer. Mais la connaissance fonctionnelle de la langue n'est-elle pas nécessaire ?"
La Cour n'est pas organisée par groupe linguistique, a-t-il précisé, ajoutant qu'il était "normal, et même fondamental pour l'État de droit" de maîtriser les langues du pays.
Puis, à propos de l'utilisation du mot "imbécile" : "Je n'aurais pas dû utiliser l'autre mot. Je le retire et je m'en excuse."
Avant d'insister pour déplorer les déclarations du député Aouasti sur le bilinguisme. "J'espère qu'il y aura encore beaucoup de collègues capables d'apprendre l'autre langue. Sinon, c'est à vous de vous regarder dans le miroir et de vous demander pourquoi ce n'est pas le cas."
"C'est apprécié et c'est appréciable", a reconnu le député socialiste à propos des excuses du Premier ministre, soulignant que le geste est rare en politique.