Conner Rousseau ne doit pas apprécier ce qui se murmure à son sujet, Jan Jambon énerve certains de ses collègues
Retrouvez chaque vendredi, sur La Libre, "Les immanquables de la semaine politique". Ce 13 mars, il est question des péripéties de Conner Rousseau qui lui valent d'être comparé à Marine Le Pen (pas sûr que ça lui fasse très plaisir), du combat entre Paul Magnette et Bart De Wever, qui ont choisi une librairie plutôt qu'un ring de boxe, et d'une polémique qui touche Jan Jambon.

- Publié le 13-03-2026 à 11h55
- Mis à jour le 16-03-2026 à 23h08

Vous n'avez rien suivi à l'actualité politique de la semaine ? Vous n'avez pas eu l'occasion de prendre connaissance des grandes annonces venant des autorités du pays ? Ce n'est pas grave. Tous les vendredis, La Libre vous propose, sous forme de billet, un résumé de ce que vous auriez pu manquer ou de ce que vous n'avez pas eu le temps de lire sur nos supports (et qui vaut pourtant le détour).
1) Conner Rousseau a été comparé à Marine Le Pen pendant quelques jours
Être comparé à Marine Le Pen... C'est dur pour Conner Rousseau ! Et, cette fois, pas d'alcool sur la table pour faire passer la pilule. La polémique n'a rien à voir avec sa fameuse soirée dans un bar où il avait tenu des propos déplacés sur les Roms. Non, si cette semaine son nom a souvent été associé à celui de la figure de l'extrême droite française, c'est parce qu'il a rémunéré son "responsable marketing" personnel avec l'argent du parlement fédéral. Tiens, tiens, tiens. Cela nous rappelle quelque chose. N'était-ce pas avec l'argent du parlement européen que le Rassemblement National finançait certains de ses collaborateurs ? Eh oui ! Bon, ce n'est pas le même hémicycle, mais la pratique est tout aussi louche. Et cela pourrait coûter cher à l'ancienne présidente du RN, qui risque l'inéligibilité à la prochaine présidentielle française.
Alors, vous direz-vous: qu'encourt Conner Rousseau ? Va-t-il devoir répondre de ses actes devant la justice ? La réponse est (suspense)... non. On est en Belgique, nom d'une pipe ! Ici, cette pratique est monnaie courante. Le chef de file des socialistes flamands à la Chambre, Oskar Seuntjens a même été jusqu'à dire que tout cela était "de notoriété publique": "Nous mettons en commun nos collaborateurs parlementaires, et nous les réunissons au sein de notre service d'étude et de communication." Mais les explications n'ont pas convaincu. Un tollé est né. "C'est inadmissible", a réagi le politologue Carl Devos, dans les colonnes de HLN. "Faire croire que cet homme est un collaborateur parlementaire est tout simplement faux. C'est un exemple typique de la vieille culture politique : se décharger de ses responsabilités sur la collectivité. C'est désolant." Même si du côté de Vooruit on assumait complètement ce choix à la base, on s'est vite dégonflé au fur et à mesure que la polémique prenait de l'ampleur. Ce mercredi, les socialistes flamands ont ainsi fait savoir que M. Van Overmeire allait finalement devenir salarié et être payé par le parti. Ils ont invité leurs collègues des autres formations politiques à également corriger ces "anomalies" dans leurs troupes. Pas vite gênés...

2) Paul Magnette veut piquer la vedette à Bart De Wever
Un duel de livres. A l'heure où les réseaux sociaux occupent une place prépondérante dans la vie politique, on ne peut que se réjouir de voir deux figures belges s'affronter dans les pages d'un ouvrage plutôt que via des posts au vitriol. A la "Prospérité" de Bart De Wever s'oppose "La prospérité pour tous" de Paul Magnette. Original... Il faut dire que le leader socialiste cherche surtout à titiller le Premier ministre, à montrer qu'il y a des solutions autres que celles qu'il propose pour redresser le pays. En gros, il essaie de piquer la vedette à celui qui a ouvert les hostilités en postant une photo du président du PS feuilletant son essai à la Chambre. "Même Paul Magnette ne se lasse pas de mon dernier livre", avait ironisé le locataire du 16.
Mais l'ancien bourgmestre de Charleroi prend un risque en s'attaquant au nationaliste flamand sur son terrain. On le sait, Bart De Wever est un homme de lettres. Il aime manier la plume et elle le lui rend bien. D'autant que le Wallon, en voulant se calquer sur le calendrier du Premier ministre, a dû écrire au pas de charge, donnant à son essai des allures de coup de communication, comme l'explique notre journaliste politique. "L'ouvrage, un brin pamphlétaire, s'apparente davantage à un fascicule politique qu'aux travaux de recherche d'un Thomas Piketty", tranche Adrien de Marneffe. Pas sûr donc que le socialiste francophone renoue avec le succès rencontré par son "Petit traité de l'art boulanger" en 2019 (oui, oui, Paul Magnette fait du pain comme personne). Surtout que le Premier ministre ne semble pas prêt à partager le devant de la scène littéraire avec le PS. Il a d'ailleurs mis les petits plats dans les grands pour la sortie de la traduction française de son essai, en convoquant le gratin de la presse francophone au 16. Bon, on se jette un peu des fleurs, puisqu'on y était. Enfin, notre journaliste Frédéric Chardon y était. Et, comme le chef du gouvernement, il sait parfaitement comment manier le verbe. Son interview est à lire ce samedi dans La Libre (allez hop un peu de promo).

3) Jan Jambon se met même à dos ses collègues de majorité
Fumée blanche pour la réforme des pensions. "Hallelujah !", se sont dit les membres du gouvernement Arizona. Après toutes les mésaventures de ces derniers mois (dont, bien entendu, le "chameau qui pue" de Bart De Wever, alias la réforme de la TVA), l'exécutif fédéral a enfin une victoire à son actif. Mais le soulagement a été de (très) courte durée. Venu présenter sa réforme très attendue notamment sur le terrain de l'égalité hommes-femmes, le ministre Jambon (N-VA) s'est pris les pieds dans le tapis. Il a ainsi estimé que "les gens devraient s'adapter" quand il a été interrogé sur la situation particulière des femmes face aux mesures de malus prévues dans sa réforme. Badaboum. Et le nationaliste flamand n'a pas pu compter sur ses collègues de majorité pour l'aider à se relever. Au contraire, certains d'entre eux, principalement les Engagés et Vooruit, ont achevé le travail avec une petite pichenette. Voire un gros tacle. Kris Verduyckt (Vooruit) a lâché, sans y mettre aucune forme: "C'est con". La ministre socialiste flamande, Caroline Gennez, a, elle, regretté le manque de tact de son collègue fédéral. Plus classe, quand même, comme réaction. Et, évidemment, l'opposition s'en est donné à cœur joie, ce jeudi, en séance plénière à la Chambre. "Et puis quoi encore, nous les femmes allons devoir adapter nos revendications aussi, notre façon de nous habiller ?", s'est indignée Ludivine Dedonder (PS). "Nous allons nous mettre en travers de votre route, Monsieur Jambon."
Pour le ministre des Pensions, la coupe était pleine. Le nationaliste flamand a regretté que ses propos aient été "sortis de leur contexte". "Je n'ai jamais dit que les femmes devaient s'adapter, qu'elles allaient devoir davantage travailler. C'est une caricature reprise par l'opposition de gauche", s'est-il défendu. Dans La Libre, François Mathieu a rappelé que le projet de loi comprenait des "mesures correctrices" majeures pour éviter que le fossé ne se creuse encore davantage entre les hommes et les femmes. Notre rédacteur en chef adjoint a notamment cité la reconnaissance des périodes de soins et la protection du temps partiel. Mais comme l'a confié une source: "Il reste une inconnue. Vérifier que cette réforme tienne ses promesses." En tous les cas, elle a déjà donné naissance à une belle chute. Avis aux bêtisiers de fin d'année...
