Surpopulation carcérale: "Plusieurs centaines de détenus dormant au sol en moins", promet Annelies Verlinden
L'accord obtenu mercredi au fédéral devrait réduire la surpopulation carcérale.

- Publié le 19-03-2026 à 19h49

Le pré-accord obtenu au fédéral destiné à faire baisser la surpopulation carcérale devrait permettre de réduire de "plusieurs centaines" le nombre de détenus qui séjournent actuellement en prison sur des matelas posés au sol, a estimé jeudi la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD & V) au micro de la VRT. En début de semaine, 644 détenus étaient encore dans ce cas.
L'accord dégagé mercredi soir entre le MR et le CD & V, et qui doit encore être formalisé ce vendredi, ne permettra sans doute pas d'enlever tous les matelas au sol.
"Une vision à long terme"
Le cabinet de la ministre Verlinden a déjà indiqué qu'il aurait souhaité une solution plus ambitieuse, mais que ce qui a été dégagé était le maximum qui pouvait être obtenu politiquement dans l'état actuel des choses au sein de la majorité Arizona. Au moins, on a une mesure qui "donne une vision à long terme", souligne-t-on dans l'entourage de la ministre de la Justice.
Pour rappel, comme La Libre le détaillait dans son édition de jeudi, la lutte contre la surpopulation carcérale passera notamment par le recours aux bracelets électroniques selon certaines conditions et à l'exclusion des condamnations pour violence, délits sexuels, terrorisme, trafic de drogues, etc. Dans cette architecture de solutions, figure également de nouvelles règles pour les réductions de peine, ainsi que la possibilité de renvoyer rapidement dans leurs pays d'origine des détenus étrangers.
Le détail de ces mesures devra être confirmé lors du kern de ce vendredi. Elles sont couplées au reste du compromis, qui porte sur le déploiement de l'armée en rue et sur le report du Code pénal lié à l'adoption préalable de la loi visant à priver les "casseurs" de manifestation.
La Fédération veut des sous
Les relations institutionnelles au sein du fédéralisme belge pourraient toutefois compliquer les choses… Le recours aux bracelets électronique aura en effet des conséquences pour les Communautés, qui gèrent les Maisons de Justice et le suivi des peines alternatives depuis la 6e réforme de l'État.
Du côté du cabinet de la ministre Valérie Lescrenier (Les Engagés), compétente pour les Maisons de Justice en Fédération Wallonie-Bruxelles, on précise déjà qu'il n'est pas question d'un transfert de charges "sans transfert de budget". Les Maisons de Justice gèrent en effet les peines alternatives à la détention en prison, les libérations provisoires assorties de conditions et la surveillance électronique.