Les réformes du droit du travail approuvées en première lecture, l'opposition fulmine : "Un monde de Bisounours", "Les abus vont se démultiplier"
La commission des Affaires sociales de la Chambre a approuvé mardi en première lecture le projet de loi "portant des dispositions diverses relatives au travail".

- Publié le 24-03-2026 à 14h29
À la demande du PTB, une deuxième lecture sera nécessaire, ainsi qu'une note légistique des services de la Chambre, avant le renvoi du texte en séance plénière. Le projet de loi qui assouplit le régime des heures supplémentaires volontaires a aussi été approuvé en première lecture.
Le texte vise à stimuler la compétitivité des entreprises et atteindre l'objectif d'un taux d'emploi de 80% en 2029. Il est dense: il contient les dispositions en matière de travail de nuit que l'Arizona veut considérablement assouplir, la réduction de la durée hebdomadaire minimale de travail, l'allègement des procédures de règlements de travail et du régime des heures supplémentaires ou encore la limitation de la durée maximale du préavis en cas de licenciement à 52 semaines.
La réforme doit entrer en vigueur le 1er juin, notamment la suppression de l'interdiction du travail de nuit. La date initiale du 1er avril a été abandonnée, les discussions au sein du gouvernement ayant été plus longues que prévu.
Mardi, le ministre de l'Emploi David Clarinval (MR) a tenu à rassurer l'opposition de gauche, très remontée contre ce texte. "Nous n'avons pas agi à la légère", a-t-il assuré, citant les balises inscrites dans la loi en matière de primes de nuit.
Par exemple, seules les entreprises du secteur privé qui doivent effectuer du commerce de détail, du commerce de gros, des activités logistiques pour le compte de tiers et du commerce électronique seront concernées par la fin des primes de nuit entre 20h et 23h applicable aux nouveaux contrats, a-t-il indiqué. Quant aux heures supplémentaires volontaires, "personne ne sera contraint", a assuré le ministre.
L'opposition PS et PTB n'en a pas démordu et a rappelé tout le mal qu'elle pensait de cette réforme. Sur le travail de nuit, "les abus vont se démultiplier", a prédit Sophie Thémont (PS), accusant le ministre de vivre dans "un monde de Bisounours". À ses yeux, tous les avis rendus pointent des risques, "mais vous n'en tenez pas compte."
Nadia Moscufo (PTB) a critiqué un projet déposé "sous couvert de moderniser le travail". "Vos réformes vont faire que la classe travailleuse risque de se retrouver dans des conditions de travail d'un autre temps", a-t-elle estimé.
