"Il aime les Flamands pour leur portefeuille" : sur LN24, on a vu que tout oppose Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez
Ce mardi soir, sur la chaîne de télévision, Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez s'affrontaient dans un long duel idéologique.

- Publié le 02-06-2026 à 11h00
- Mis à jour le 02-06-2026 à 22h02

Ce mardi soir, sur LN24, Thibault Roland, directeur des programmes et présentateur de la chaîne, a frappé fort. Il a réuni Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez sur le même plateau pour évoquer tout ce qui les oppose. La Libre a pu visionner en primeur l'émission préalablement enregistrée. À quoi devait-on s'attendre ? Tout d'abord, à un tour de force : le président du PS et le président du MR se sont livrés à un dialogue certes tendu mais respectueux.
D'emblée, une question fondamentale est tranchée : qu'est-ce qu'être de gauche et qu'est-ce qu'être de droite ? Pour Georges-Louis Bouchez, très classiquement, le projet de la droite place la liberté au sommet des valeurs. Paul Magnette nuance en expliquant que, pour la gauche, il n'y a pas de liberté possible sans égalité.
Un exemple. Le libéral considère que l'augmentation du plafond pour les heures supplémentaires défiscalisées est la mesure du gouvernement De Wever dont il est le plus fier : "C'est travailler plus pour gagner plus", se félicite-t-il. "Moi, je n'ai aucun problème avec le fait de gagner plus, répond Paul Magnette. Sauf qu'on a des faillites et que l'on est très loin du plein-emploi. Ce système crée de la concurrence entre les travailleurs."
Répression ou prévention ?
Autre thème qui divise souvent le paysage politique en hémisphères : la sécurité. Le MR assume-t-il une approche fondée sur la répression, comme c'est en général le cas à droite ? "Clairement, répond "GLB". Une partie de la population ne comprend que la répression." Face à cette vision, le chef des socialistes francophones privilégie la prévention. "Mais, la prévention, ça fait 50 ans qu'on fait ça et vous voyez le résultat", réplique Georges-Louis Bouchez.
Et l'avenir institutionnel de la Belgique ? Le président du PS dit craindre la séparation du pays, en particulier en matière de sécurité sociale et réclame une véritable stratégie économique belge. "Le Premier ministre (Bart De Wever) est un nationaliste qui rêve que l'on coupe tout en deux, avertit Paul Magnette. Il affirme régulièrement que la réforme du marché du travail, c'est une réforme de l'État en soi. Il va s'attaquer, la prochaine fois, au système des soins de santé. Ce sera une catastrophe."
"Bart De Wever va s'attaquer, la prochaine fois, au système des soins de santé. Ce sera une catastrophe".
Le président du MR envoie alors un missile : "Paul Magnette aime les Flamands pour leur portefeuille, il a besoin de leur argent pour faire vivre la Wallonie qu'il a mise en faillite. La N-VA peut se conformer au modèle belge pour peu que l'on fasse les réformes nécessaires."
Enfin, la migration, un thème qui oppose frontalement gauche et droite. En effet… "Les gens qui viennent chez nous doivent respecter nos valeurs, ils doivent travailler et, s'ils commettent des crimes, doivent s'attendre à devoir quitter notre territoire", tranche "GLB". Pour le président du PS, l'immigration n'est pas un problème mais "il faut investir dans l'intégration".
Les deux partis, qui ont pourtant souvent gouverné ensemble, semblent idéologiquement irréconciliables…