Immanquable : un "complotiste" au sein du gouvernement De Wever et une position schizophrénique
Retrouvez chaque vendredi sur La Libre "Les immanquables de la semaine politique". Ce 3 juillet, on revient sur des tensions qui agitent différents niveaux de pouvoir et sur une saga bruxelloise qui prend des allures de match de Coupe du monde.

- Publié le 03-07-2026 à 12h12
- Mis à jour le 03-07-2026 à 12h13

Vous n'avez rien suivi à l'actualité politique de la semaine ? Vous n'avez pas eu l'occasion de prendre connaissance des grandes annonces venant des autorités du pays ? Vous n'avez eu d'yeux que pour les résultats des matches de Coupe du monde ? Ce n'est pas grave. Tous les vendredis, La Libre vous propose, sous forme de billet,un résumé de ce que vous auriez pu manquer ou de ce que vous n'avez pas eu le temps de liresur nos supports (et qui vaut pourtant le détour).
1) Des "complotistes" au sein du gouvernement De Wever ? C'est un parti de la majorité qui le dit !
La Belgique respire à nouveau. Après un épisode caniculaire spectaculaire, les températures sont enfin redescendues (spoiler alert: cela ne sera que de courte durée). Mais les esprits eux ont continué à s'échauffer. Ce qui a mis le feu aux poudres ? Une sortie de Theo Francken sur la chaleur. "Il fait chaud pendant deux jours et on dirait que tout le monde va mourir. Vivez !", avait-il écrit sur ses réseaux sociaux, bière à la main et prêt à dégainer la viande pour son barbecue. Ces propos ont fait bondir Yves Coppieters (Les Engagés), qui n'a pas manqué d'étriller le nationaliste flamand dans Le Soir. "Si on était dans un pays normal, un tel ministre serait mis au ban et recadré. On ne peut pas dire des choses comme ça. C'est comme si on avait des sortes de complotistes au sein du gouvernement", a fustigé le ministre wallon de la Santé. Mais il n'y a pas que Theo Francken qui en a pris pour son grade, puisque l'épidémiologiste s'en est pris aussi à un autre nationaliste flamand, le Premier ministre himself. Selon lui, face à une crise majeure, c'est au locataire du 16 "de prendre les rênes et de montrer la voie".
Or, Bart De Wever s'est fait très discret la semaine dernière, hormis un appel au "bon sens" à l'égard des citoyens face à ces températures anormales. Les autorités du pays ont de manière générale semblé démunies face à la chaleur. C'est pourquoi le ministre fédéral de l'Environnement, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a invité ses homologues des différents niveaux de pouvoir à une réunion ce mercredi, pour ne plus se laisser surprendre à l'avenir et tenter d'atténuer l'effet de ces phénomènes climatiques. Et il a eu une agréable surprise ! Puisque la Flandre, qui avait initialement décliné (avec fracas) l'invitation, a finalement répondu présente. Est-ce la façon dont Maxime Prévot a rabroué ses collègues du nord du pays qui les a fait changer d'avis ? Nous ne le saurons jamais. Quant à savoir à quoi va ressembler le fameux plan contre les phénomènes météorologiques extrêmes de Crucke, minute papillon ! Il ne s'agissait ici que d'une première prise de contact. Bon, on les imagine mal quand même avoir fait un tour de table pour découvrir les prénoms de chacun, mais on ne s'attend pas à de grandes avancées avant quelques jours, voire quelques semaines. Au moins...
2) Une position schizophrénique sur les visites domiciliaires
Un autre dossier qui doit encore faire l'objet de débats et qui va continuer à donner des sueurs chaudes (la canicule revient, on vous avait prévenus) aux partenaires, c'est celui des visites domiciliaires. Ce texte prévoit entre autres que la police pourra, en cas d'autorisation d'un juge, pénétrer dans un domicile et arrêter des personnes sans titre de séjour en vue de les expulser du territoire.
Or, au sein même des partis, tout le monde n'est pas aligné. Une trentaine de communes ont déjà déclaré qu'elles s'opposaient à cette loi. Or, certaines sont dirigées par des élus... dont les partis figurent dans la majorité fédérale. C'est le cas de Walhain, dans le Brabant wallon. Son bourgmestre, Xavier Dubois (Les Engagés), est donc contre au niveau local, mais est censé voter pour en tant que bon soldat au Parlement fédéral. Schizophrénique, n'est-ce pas ?
Le texte sera à nouveau débattu la semaine prochaine. La température va encore grimper, mais vous le savez déjà...

3) La saga du Foyer anderlechtois prend des allures de match de Coupe du monde
A peine commencée, la commission d'enquête parlementaire sur le Foyer anderlechtois s'apprête déjà à prendre fin. Sa durée de vie est aussi réduite que celle d'une glace à l'eau par jour de canicule (oui, on ne s'en remet pas !). Et c'est justement ce qui fait grincer des dents certains membres du MR, dont le président du parti. La crainte ? Que cette commission, pressée par le temps, accouche d'une souris. Or, pour Georges-Louis Bouchez, cela est inenvisageable. Le Montois veut des mesures fortes et l'établissement clair des responsabilités personnelles. C'est pourquoi, en bureau de parti, il a déjà évoqué la possibilité d'aller aux prolongations. "Bouchez ne laissera pas le PS noyer le poisson", a commenté une source libérale auprès de notre journaliste Adrien de Marneffe. Mais c'est bien là que le bât blesse, puisque la durée réduite de l'exercice avait été négociée avec les socialistes, qui avaient fait de cette date limite du 21 juillet une condition sine qua non à la tenue d'une telle commission. Tiraillé entre PS et Anders, Boris Dilliès (MR) avait trouvé cette porte de sortie à la crise qui pointait le bout de son nez au sein de son jeune exécutif.
Voir son président de parti vouloir franchir à présent la ligne rouge des socialistes ne fait donc pas les affaires du ministre-président bruxellois. "Face à cette ligne offensive, Boris Dilliès a défendu en bureau une approche différente", rapporte notre journaliste Adrien de Marneffe. "Pour le ministre-président, la priorité est de permettre au nouveau gouvernement de fonctionner." Mais les derniers événements dans la saga du Foyer anderlechtois viennent apporter de l'eau au moulin du président libéral. La députée Marie Cruysmans (Les Engagés) a annoncé sa décision de se démettre de sa fonction de rapporteure en raison du climat dans lequel se déroule cette fameuse commission, fustigeant les auditions de 11 à 12 heures et les semaines de 6 jours sur 7. "Dans ces conditions, il devient matériellement impossible de préparer sérieusement les auditions", a-t-elle confié. "(...) Plus inquiétant, certains témoins sont apparus manifestement bridés dans leurs déclarations, après avoir bénéficié d'un coaching particulièrement efficace assuré par l'avocat du Foyer anderlechtois et par une entreprise de coaching engagée à ses frais." Avec ce dernier rebondissement, s'éloigne un peu plus l'espoir de conclure le match dans le temps réglementaire, de façon décisive du moins. Mais quant à savoir s'il y aura des prolongations (voire des tirs au but ?), c'est une tout autre histoire. Les règles ne sont pas aussi claires qu'à la Coupe du monde.
Et comme si cela ne suffisait pas, après un laïus de 30 minutes, Lotfi Mostefa, président du Foyer anderlechtois, a refuse de répondre aux députés bruxellois ce jeudi...