Faut-il obliger le personnel soignant à se faire vacciner ? L'idée refait son apparition

Face à des courbes qui stagnent, plusieurs voix s'élèvent pour rendre la vaccination obligatoire.

T.G. (avec Belga)
Faut-il obliger le personnel soignant à se faire vacciner ? L'idée refait son apparition
©AP

Pourrait-on rendre la vaccination obligatoire pour le personnel soignant en Belgique ? L'idée refait son apparition dans l'espace public, alors que les chiffres semblent se tasser dans le milieu hospitalier.

Interrogé lundi matin sur les ondes de la Première, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a voulu rappeler l'importance de la vaccination pour le personnel soignant. "Il est très important que le personnel soignant se fasse vacciner, c'est crucial et essentiel", a-t-il rappelé. Il a toutefois précisé que l'obligation de la vaccination n'était aujourd'hui pas à l'ordre du jour.

Ouvrir un débat complexe

Dans le monde médical pourtant, plusieurs voix s'élèvent pour mettre la question à l'agenda.

Interrogé sur DH Radio, Jean-Christophe Goffard, directeur du service de médecine interne à l'hôpital Erasme (Bruxelles), se montrait favorable à l'obligation pour le personnel hospitalier. "Assurer la sécurité des personnes qui utilisent les services d'un hôpital ou d'une maison de repos est une priorité. Il est toujours possible de se diriger vers d'autres fonctions que le soin direct aux patients si l'on refuse de se faire vacciner", argumente-t-il. Selon lui, les conséquences d'une faible vaccination pourraient s'avérer catastrophiques pour les patients qui auraient été vaccinés, qui sont immunodéprimés et qui sont incapables de montrer une réponse qui les protégerait contre la maladie : "Le soignant risque d'amener et de transmettre le virus à un patient fragile qui risque, lui, de décéder."

Plus tôt, c'était l'infectiologie Leïla Belkhir (cliniques Saint-Luc) qui mettait le sujet sur la table : "Je pense qu'il faut y réfléchir, oui. Je ne dis pas qu'il faut l'imposer du jour au lendemain", déclarait-elle à la RTBF, en appelant à un débat démocratique sur le sujet.

À l'heure actuelle, il n'existe pas de données récentes sur le taux de vaccinations du personnel médical, ni sur l'impact que cela pourrait avoir sur les contaminations. L'institut de santé publique Sciensano devrait rendre un rapport pour répondre à ces nombreuses questions. Un coup d'œil sur les chiffres montre de grandes disparités entre les régions, pour l'ensemble de la population. Ainsi, à Bruxelles, 57 % des plus de 18 ans ont reçu une première dose, contre 86 % en Flandre et 74 % en Wallonie. L'écart se creuse encore quand on regarde les tranches les plus jeunes de la population, les plus sceptiques par rapport aux vaccins. À Bruxelles, à peine plus d'un tiers des 18-34 ans a reçu une première dose (36 %), contre 68 % en Flandre et 58 % en Wallonie.

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