Les maisons de repos belges également touchées par les dérives d'Orpea ?
La ministre wallonne Christie Morreale (PS) a demandé à l'Aviq de vérifier s'il existe des plaintes.

- Publié le 27-01-2022 à 21h27
- Mis à jour le 16-02-2022 à 20h11

Des personnes âgées rationnées, abandonnées dans leurs excréments ou laissées sans soins pendant plusieurs jours : la parution, mercredi en France, d'un livre-enquête (Les Fossoyeurs) dénonçant l'obsession de la rentabilité au sein du groupe privé de résidences pour aînés Orpea a fait dévisser le cours à la Bourse de Paris. Mis en cause par le journaliste Victor Castanet, le groupe Orpea, créé en 1989, dispose d'un réseau de 1 156 établissements dans 23 pays.
Dont la Belgique. Orpea y exploite 60 maisons de repos et de soins (MRS) et 20 résidences-services. Le groupe est surtout implanté à Bruxelles (et dans ses environs) ainsi qu'au nord du pays (à Anvers et, en Flandre occidentale, à Knokke, Ostende, Bruges…). En Wallonie (où on compte au total un peu plus de 600 MR/MRS), on trouve quelques homes Orpea dans la province de Liège, à Nivelles, à Waterloo, à Braine-l'Alleud, à Lasne, à Villers-la-Ville, à Gosselies, à Loverval, à Tubize, à Comines et à Warneton.
Les plaignants sont recontactés dans les 48 heures
Y constate-t-on les mêmes dérives qu'en France d'un groupe qui maximise son profit commercial au détriment du bien-être des résidents ? Du côté wallon, l'Agence pour une vie de qualité (Aviq) a été chargée par la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), de contrôler si des plaintes lui ont été adressées concernant des MRS et résidences-services du groupe français. Les seniors concernés par des mauvais traitements ou des abus peuvent en effet introduire une réclamation en ligne sur le site de l'Aviq. La majorité des griefs exprimés par les aînés sont cependant formulés par téléphone à la direction Audit et Inspection, soulignait récemment la ministre Morreale dans une réponse à une question écrite.
On attend donc ces chiffres. Mais le système de contrôle semble plus solide en Belgique qu'en France. En tout cas sur papier. Au sud du pays, en cas d'infraction importante constatée dans une institution, une procédure formelle prévoit que l'inspecteur de l'Aviq recontacte le plaignant dans les 48 heures. Toute plainte fait ensuite l'objet d'une première visite à l'improviste au cours de laquelle on peut procéder à des auditions du personnel. Un rapport d'analyse, assorti d'un plan d'action avec échéances, est établi à l'issue de l'instruction de la plainte. L'enjeu est d'amener la résidence concernée à corriger le tir. Des visites de suivi sont alors planifiées par le service inspection.
Reste un autre gros souci, au-delà de la compression maximale des coûts de personnel que visent les opérateurs privés : la pénurie d'aides-soignants, d'infirmiers, etc., renforcée par la crise sanitaire, se fait aussi durement ressentir dans le secteur des maisons de repos.
C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles deux résidences de luxe d'Orpea en Flandre (une à Anvers et une à Ostende) sont dans le viseur des services d'inspection depuis le mois de décembre.