Qui est Carl de Moncharline, le "pro de la com" accusé d'agressions sexuelles
Plusieurs victimes disent avoir d'abord été droguées par Carl de Moncharline.
- Publié le 31-03-2022 à 20h40
- Mis à jour le 25-04-2022 à 16h41

À la suite de la diffusion, mercredi soir, d'un reportage du magazine #Investigation (RTBF), mettant en cause Carl de Moncharline - personnage bien connu de la nuit bruxelloise, présenté comme un agresseur sexuel -, le parquet de Bruxelles s'est refusé à tout commentaire, se bornant à rappeler que "chaque plainte concernant des infractions sexuelles est prise très au sérieux".
Au départ de l'enquête de la RTBF, il y a des témoignages déposés sur la page Instagram #Balancetonbar. Plusieurs jeunes femmes y évoquent des agressions sexuelles où une drogue aurait été utilisée pour les neutraliser. Les faits se passent toujours au même endroit : le Wood, une boîte techno branchée qui se trouvait dans le bois de la Cambre. Elle a dû fermer ses portes en 2016 pour tapage nocturne.
Plainte pour diffamation
L'homme pointé pour graves faits de mœurs est toujours actif dans le milieu de la nuit. Bien connu des fêtards bruxellois, Carl de Moncharline nie en bloc les accusations. "C'est un tissu de mensonges pour les milliers de personnes qui me connaissent depuis plus de 30 ans, de jour comme de nuit, dans 5 grands clubs différents et une dizaine de grands événements", écrit-il sur sa page Facebook. Dans ce même message, il annonce avoir porté plainte pour diffamation.
Interrogé par la RTBF, son avocat, Me Jean-Pierre Buyle, a indiqué que son client, dont le casier judiciaire est vierge, "n'a jamais eu à répondre d'une quelconque atteinte de ce type". M. de Moncharline a été entendu dans le cadre d'une plainte, qui a été classée sans suite, a-t-il précisé.
À l'époque des faits supposés, le Wood, dont il était le patron, était réputé pour accueillir les recalés des Jeux d'Hiver, une boîte voisine.
Carl de Moncharline, de son vrai nom Carl de Rijk, évolue dans le monde de la nuit depuis le début des années 90. Il a 21 ans quand il devient directeur artistique du Mirano continental (chaussée de Louvain à Bruxelles). Ne pensez pas qu'il obtient ce poste en étant étudiant à Solvay ou Polytech. Non, les études, très peu pour lui. En 4e secondaire, il décide d'arrêter sa scolarité : "J'étais assez âgé, je devais avoir quelque chose comme 20 ans !", lit-on sur le site Guido.
Un "pro de la com"
Il se lance ensuite dans diverses campagnes de pub jusqu'à se faire remarquer par une agence de communication très active à l'époque, K com Communications.
Parti du Mirano, il entre au Fuse (rue Blaes) avant de lancer le Who'sWho's Land (rue du Poinçon) puis le Wood avant d'ouvrir, en 2018, dans les anciens locaux de l'éditeur juridique Bruylant, près du palais de justice, l'Impéria Premium Bar Brussels. "Ce type a un flair, une créativité et un dynamisme extraordinaires", déclarait en son temps son ami et associé Serge Vanderheyden.
Approché par le PS bruxellois pour donner un souffle nouveau à la ville de Bruxelles et la mettre au niveau des capitales européennes qui bougent, il apporte son expertise.
S'il n'invente rien, il "importe", des événements au retentissement médiatique qu'il a repérés ailleurs pour les implanter à Bruxelles. On lui doit ainsi la Roller Parade, la Gay Pride, Bruxelles-les-Bains, la Fête du Progrès, l'événement Immeubles en fête, Truc Troc ou Fiesta Latina. Un "pro de la com" qui fait déborder les boîtes mail des gens qui comptent, histoire que son info soit bien relayée.