Travail : la semaine de quatre jours perce timidement dans les PME
Six mois après l'introduction de la mesure, 7 % des PME bruxelloises ont mis en place la possibilité de prester son temps plein sur 4 jours au lieu de 5, contre 6 % en Flandre et 3 % en Wallonie. Mais les patrons y semblent plus favorables en Wallonie qu'en Flandre.

- Publié le 30-08-2023 à 07h06
- Mis à jour le 30-08-2023 à 12h55

Depuis le 20 novembre 2022, les entreprises belges ont la possibilité d'introduire la semaine de quatre jours, c'est-à-dire de permettre à leurs employés de prester leur temps plein sur quatre jours au lieu de cinq (quatre journées de 9 h 30 au lieu de cinq journées de 7 h 36, par exemple). Tout travailleur à temps plein peut en faire la demande à son employeur, mais ce dernier n'est pas obligé de l'accepter.
C'est une des mesures que le gouvernement fédéral avait décidées dans le deal pour l'emploi. Objectif : augmenter le nombre de personnes au travail et encourager une plus grande flexibilité pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Six mois après l'entrée en vigueur de cette nouvelle forme de flexibilité du travail, le prestataire de services en ressources humaines SD Worx a voulu savoir dans quelle mesure les petites et moyennes entreprises avaient saisi cette opportunité. En juin, il a sondé 481 entreprises. Que ressort-il de ce coup de sonde ?
La Flandre y croit moins
D'abord, que la semaine de quatre jours perce timidement dans les PME. À Bruxelles, 7 % des PME utilisent cette possibilité, contre 6 % en Flandre et 3 % en Wallonie. C'est relativement peu, mais le sondage intervient relativement rapidement après la mise en place de la mesure. On peut imaginer que ces pourcentages vont augmenter avec le temps.
Quoi qu'il en soit, les avis des entrepreneurs sont plutôt partagés sur la semaine de quatre jours : 30 % des PME bruxelloises pensent que l'initiative peut fortement contribuer à attirer et à retenir les employés. Parmi les PME wallonnes, 41 % s'attendent à des avantages provenant de la semaine de travail de quatre jours à temps plein, et 34 % n'y croient pas. En Flandre le rapport est inversé : une PME sur cinq (21 %) pense que la semaine de travail de quatre jours contribuera à attirer ou à retenir les travailleurs. Deux fois plus (45 %) ne sont pas convaincus.
Déjà d'autres formes de flexibilité
Les PME bruxelloises estiment qu'un tiers (33 %) des travailleurs seraient intéressés par la semaine de quatre jours. En Wallonie, près d'un salarié sur cinq (21 %) est intéressé par ce système, estiment les PME, tout comme en Flandre (18 %).
Selon Jordane Houdart, conseillère PME chez SD Worx, "une proportion limitée des PME ont déjà pris le train en marche. Pour les PME qui doivent dénicher des talents rares, il peut s'avérer payant de l'utiliser comme facteur de différenciation, bien que cela nécessite un certain travail de la part du département des ressources humaines. Les PME les plus petites (moins de 5 employés) ont les attentes les plus positives concernant l'initiative. Néanmoins, la semaine de travail de quatre jours ne sera pas la solution idéale pour tout le monde. N'oublions pas que les employeurs belges ont souvent déjà introduit d'autres formes de flexibilité, telles que les horaires variables et la possibilité de travailler à domicile. Une partie du besoin de flexibilité des travailleurs est donc déjà satisfaite."