Le parc Walibi met-il trop le paquet pour Halloween? "Cette année, cela fait déjà peur en journée"
Monstres et autres créatures effrayantes sont de sortie pour repousser toujours davantage les limites et tester le courage des petits et grands. Dans ce jeu à se faire peur, va-t-on trop loin ?
- Publié le 23-10-2024 à 15h51

Une ambiance de frissons se fait de plus pesante à mesure que le 31 octobre se rapproche. Certains regorgent de créativité pour tenter d'effrayer les gens et le public en redemande. À l'occasion de ses 25 ans de sensations fortes version Halloween, le parc d'attractions Walibi se renomme Ibilaw.
"C'est tout simplement notre nom à l'envers", explique la porte-parole Adèle Moreau. Cette année, le parc invite à traverser le miroir et rejoindre Bill, petit garçon qui s'est égaré dans l'autre monde en 1972. Quatre maisons hantées dont une payante et deux inédites (Silence et Fear Factory) testent le courage des visiteurs les plus friands de frissons. "On déconseille les maisons hantées aux moins de 16 ans mais le parc reste accessible pour tous", précise Guillaume Morghen, directeur marketing. "Les badges anti-monstres ont beaucoup de succès."
La petite Charline a eu un peu de mal au début de sa visite. "On s'est retrouvé au milieu d'une zone avec des zombies sans le vouloir et ma fille n'avait pas son badge, elle était très surprise… Heureusement, quelqu'un est vite venu nous donner un badge et cela a sauvé la journée." Un autre couple nous explique que Walibi met la barre très haut par rapport à d'autres parcs. "Nous revenons de Disney, et cela n'a rien à voir ! C'est vrai que c'est impressionnant, mais c'est vraiment chouette pour ceux qui aiment Halloween."

"Franchement, il y a des zones qui font très peur", sourient Manon, Norah et Samuel, trois jeunes ados qui n'ont pas testé les maisons hantées les plus effrayantes. Sandrine, Louis et leur fils Simon sont eux sortis avec un sentiment un peu mitigé. "Nous sommes abonnés et nous étions déjà venus l'an dernier. On voit la différence, c'est encore plus marqué comme ambiance", nous explique Sandrine. "Le bémol, c'est qu'on est obligé de passer par certaines zones avec des zombies pour aller d'une zone à l'autre et qu'ils viennent quand même près des enfants malgré le badge. Mon fils était quand même assez impressionné. Je trouve qu'il devrait y avoir des allées parallèles, comme c'est le cas au Parc Astérix. L'an dernier, on était plus tranquille en venant en journée et cela faisait peur le soir. Cette année, cela fait déjà peur en journée, par moments."

Cette année, le parc ne propose plus d'activités pour les familles en journée et des nocturnes plus effrayantes. "On est moins axé famille. Les zones effrayantes ouvrent à 17h. On indique toujours le niveau de peur à l'entrée de la maison hanté et on a fait une vidéo de présentation. Les visiteurs savent dans quoi ils mettent les pieds. On ne contrôle pas", déclare Adèle Moreau.
Trauma et phobie
Tout le monde n'est pas égal face à la peur. Il n'est pas toujours évident de bien évaluer si l'expérience se conclura par une poussée d'adrénaline euphorisante ou par une crise de larmes. "Il est important de ne pas aller trop loin dans la peur. Il faut rester à l'écoute et ne pas vouloir outrepasser les peurs car si on force un enfant, cela peut amener des phénomènes de phobie", commente le psychologue Dimitri Haikin.
Traumatisme, cauchemar, sentiment d'insécurité et perte de confiance en soi… Sont autant d'effets secondaires si un jeune ne parvient pas à rationaliser la peur. "Sans travail sur les émotions, l'enfant peut être parti pour des mois voire des années de cauchemar. Cela va même avoir des impacts à l'âge adulte car les peurs sont quelque chose qu'on a tendance à intérioriser et ça va alors s'ancrer dans le fonctionnement", termine Valérie Demoulin, psychologue pour enfants et adolescents.