L'invalidité pour cause de burn-out et de dépression augmente encore plus fort : une facture de plus de deux milliards d'euros
L'incapacité de travail de plus d'un an pour cause de maladie mentale augmente surtout chez les jeunes, les femmes et les indépendants, montrent les dernières statistiques de l'Inami.

- Publié le 02-06-2025 à 16h09
- Mis à jour le 02-06-2025 à 16h28

Les incapacités de travail de plus d'un an (invalidités) en raison d'un trouble mental ont continué d'augmenter en 2023, en particulier celles liées à une dépression ou un burn-out, et cette augmentation s'avère un peu plus forte que l'année précédente, signale ce lundi l'Institut national d'assurance maladie-invalidité (Inami), sur la base de statistiques provisoires concernant les salariés, les chômeurs et les indépendants (les fonctionnaires relèvent d'un autre régime).
Au 31 décembre 2023, on comptait 91 683 malades de longue durée pour cause de dépression (+ 5,89 % par rapport à l'année précédente) ; 45 771 pour cause de burn-out (+ 17,08 %), soit un total de 137 454 pour ces deux pathologies (+ 9,37 %). La catégorie "troubles mentaux" dans son ensemble comprenait 197 834 personnes (+ 6,83 %), alors que le total des invalides (toutes causes confondues) s'élevait à 526 507 personnes (+ 4,8 %).
Sur cinq ans, entre 2018 et 2023, l'augmentation s'élève à 44 % pour les seules dépressions et burn-out. Ces deux seules pathologies sont désormais la cause d'un quart des incapacités de travail de plus d'un an.
Forte hausse chez les jeunes
En 2023, la tranche d'âge des 55-59 ans compte toujours le nombre le plus élevé de personnes en invalidité pour dépression ou burn-out (27 394 personnes). Mais le taux d'augmentation le plus fort touche la tranche d'âges la plus jeune, celle des moins de 30 ans (+ 21,6 % en un an), suivie de celles des 30-39 ans (+ 16 %). Jusqu'ici, le taux d'augmentation le plus élevé touchait les plus de 60 ans.
Une majorité de femmes
Les femmes représentent près de 60 % des invalidités toutes causes confondues. Lorsqu'il s'agit des invalidités pour dépression ou burn-out, ce pourcentage s'envole à 69 % des cas. C'est aussi chez les femmes que l'on relève l'augmentation la plus forte de ces invalidités pour dépression ou burn-out (+ 9,6 %), avec une hausse cumulée de 46,6 % entre 2018 et 2023. Cette augmentation atteint plus de 78 % chez les travailleuses indépendantes.
L'augmentation se retrouve dans tous les statuts professionnels, mais la progression la plus importante touche les travailleurs indépendants : + 16,7 % de travailleurs indépendants en un an (+ 9 % pour les salariés et demandeurs d'emploi) ; + 69,59 % d'indépendants de 2018 à 2023 (+ 42,92 % pour les salariés et les demandeurs d'emploi).
Une facture de plus de deux milliards
Pour l'ensemble de l'année 2023, le coût, assumé par l'assurance indemnités, de ces incapacités de travail de plus d'un an à la suite d'une dépression ou d'un burn-out s'élève plus de deux milliards d'euros, soit une augmentation de plus de 15 % en 1 an, et de plus de 74 % depuis 2018.