Un météorologue belge pointe une donnée interpellante: "Dans la lignée des épisodes les plus sombres qu'on ait connus"
Octobre 2025 touche à sa fin et le constat est paradoxal : grisaille, pluie et températures au-dessus des moyennes. Selon l'IRM, la Belgique vient de vivre un mois d'octobre pour le moins exceptionnel… et pas forcément pour les bonnes raisons.

- Publié le 28-10-2025 à 17h32
- Mis à jour le 28-10-2025 à 17h36

Le mois d'octobre 2025 restera probablement dans les annales comme l'un des plus sombres jamais enregistrés en Belgique.
Selon Pascal Mormal, météorologue à l'Institut Royal Météorologique (IRM), le pays pourrait même frôler un record historique de faible ensoleillement, tout en ayant connu des températures supérieures à la normale saisonnière. "On est actuellement à environ 37 heures d'ensoleillement, alors que la normale est de 112 heures pour un mois d'octobre", analyse Pascal Mormal.
Un déficit de lumière malgré une météo douce
Le record absolu du mois d'octobre le plus sombre date de 2018, avec un total de 42 heures et 40 minutes d'ensoleillement. "Si on ne veut pas battre ce record, il faudrait encore gagner cinq à six heures de soleil d'ici la fin du mois", précise le météorologue. Quelques éclaircies sont attendues dans les prochains jours, notamment jeudi et vendredi, mais elles resteront trop rares pour inverser la tendance d'un mois marqué par la grisaille.
Malgré ce déficit de lumière, les températures se maintiennent à un niveau relativement doux pour la saison. "Vendredi et samedi, on pourrait atteindre 17 à 18 °C, voire localement 19 °C", indique Pascal Mormal. Un redoux qui contraste avec la fraîcheur des derniers jours, marqués par un flux de nord-ouest apportant de l'air polaire. "Les températures resteront globalement au-dessus des normales saisonnières au moins jusqu'au 10 novembre, avec des valeurs comprises entre 12 et 15 °C. Il n'y a aucun coup de froid en vue."
Deux belles journées avant de retrouver un temps humide ce week-end
Cette douceur ne s'accompagne cependant pas d'un temps stable. Après une brève accalmie en fin de semaine, le ciel devrait de nouveau se charger dès ce week-end de la Toussaint. "Les deux belles journées attendues jeudi et vendredi seront probablement transitoires car on risque rapidement de retrouver un temps plus humide, alternant pluies et éclaircies", prévient Pascal Mormal.
Sur le plan climatique, le mois d'octobre s'annonce donc paradoxal : doux, mais humide et d'une luminosité exceptionnellement faible. Les données provisoires confirment cette tendance : la moyenne mensuelle des températures atteindra environ 12,2 °C, soit près d'un degré de plus que la normale (11,3 °C). Côté précipitations, le cumul s'élève déjà à 77 mm et devrait avoisiner les 88 mm d'ici la fin du mois, contre une moyenne de 67,8 mm.
"On peut s'étonner qu'il n'y ait pas eu plus de soleil alors qu'on a connu une période sèche entre le 4 et le 20 octobre"
"Ce n'est pas un mois catastrophique sur le plan des pluies, mais il a été un peu plus arrosé que la normale", nuance toutefois le météorologue de l'IRM.
La grisaille persistante s'explique en partie par la nature des masses d'air qui ont dominé ces dernières semaines. "On peut s'étonner qu'il n'y ait pas eu plus de soleil alors qu'on a connu une période sèche entre le 4 et le 20 octobre, mais l'anticyclone positionné sur les îles Britanniques a envoyé vers la Belgique de l'air maritime humide. Résultat : beaucoup de nuages bas et de brume, donc un temps sec, mais sans aucune luminosité."
L'un des mois d'octobre les plus sombres jamais observés
En consultant les archives de l'IRM, le météorologue souligne l'ampleur du phénomène. "Si l'on regarde la base de données, on constate que les relevés d'insolation remontent à 1887. C'est une donnée assez remarquable, car cela montre à quel point ce mois d'octobre 2025 s'inscrit dans la lignée des épisodes les plus sombres jamais observés."
"Les modèles envisagent toujours un hiver plutôt plus doux que la moyenne
Et si les premières chutes de neige ont déjà blanchi les crêtes des Alpes, du Jura ou encore des Vosges, elles ne concernent pas encore la Belgique. "Ce qui est tombé en dessous de 2000 mètres va fondre rapidement. Pour les dix prochains jours, aucun nouvel épisode neigeux important n'est d'ailleurs prévu en France."
Quant à l'hiver à venir, les tendances saisonnières ne laissent pas présager de grand froid. "Les modèles envisagent toujours un hiver plutôt plus doux que la moyenne, même si cela n'exclut pas de petits épisodes de froid ponctuels", souligne Pascal Mormal. Depuis plus d'une décennie, les hivers en Belgique s'inscrivent dans cette même tendance : "Pour retrouver un hiver vraiment froid, il faut remonter à 2012-2013. Depuis, ils ont été majoritairement plus chauds que la normale."
Ainsi, à défaut de soleil, la Belgique devrait continuer à vivre sous un ciel souvent gris, dans une atmosphère humide mais sans excès. "Ce n'est pas catastrophique", conclut le météorologue, "mais un grand beau temps stable n'est toujours pas à l'ordre du jour."