Météo: "Un air polaire fortement atténué se dirige vers la Belgique"
S'il fera encore doux jusqu'à vendredi, le temps va basculer.

- Publié le 10-11-2025 à 16h41
- Mis à jour le 10-11-2025 à 21h27

Après un début de mois marqué par des températures remarquablement élevées pour la saison, la Belgique s'apprête à connaître une légère descente du thermomètre dans les prochains jours.
Mais rien qui ne s'apparente à une offensive hivernale, dans un premier temps, précise Pascal Mormal, météorologue à l'Institut royal météorologique (IRM). "On parle d'un fléchissement des températures mais sans froid marqué. Pour la dernière décade de novembre, les maximales pourraient tourner autour de 8°C à Bruxelles; ce qui reste assez classique pour la période", avance-t-il.
Une douceur qui va rester de mise avant un basculement total
Mais, jusqu'à la fin de la semaine, la douceur restera de mise. "On va de nouveau atteindre 16 à 18°C mercredi et jeudi, ce qui représente environ 7 à 8 degrés au-dessus des moyennes saisonnières, explique-t-il. La cause ? Un flux dynamique de sud qui ramène de l'air d'origine subtropicale, remontant du Maghreb."
Une atmosphère qui pourrait toutefois laisser apparaître "des voiles nuageux ainsi que quelques poussières d'origine saharienne", réduisant légèrement l'ensoleillement et atténuant peut-être d'un degré les températures maximales. "Mais cela ne changera pas l'essentiel : nous restons sur des valeurs très douces pour la saison !"
Un rafraîchissement léger et quelques flocons en Ardenne ?
À partir du week-end, le flux devrait progressivement s'orienter davantage au nord, transportant une masse d'air plus fraîche. "Il s'agira d'air polaire mais fortement atténué, nuance Pascal Mormal. On n'aura pas de températures extrêmement basses mais on va perdre une dizaine de degrés en quelques jours."
Quelques flocons pourraient malgré tout apparaître en altitude. "On pourrait voir quelques flocons en Ardenne, en effet. Cela peut se produire en matinée ou durant la nuit mais cela ne veut pas dire qu'il y aura de la neige au sol ou qu'elle tiendra longtemps."
Un mois de novembre étonnamment lumineux
Au-delà des températures, c'est l'ensoleillement qui surprend. "Nous avons déjà plus de 35 heures d'ensoleillement depuis le début du mois. Il est même possible que novembre soit plus ensoleillé qu'octobre, ce qui est assez rare, souligne le météorologue. La dernière fois, c'était en 2020."
Pour dépasser le total d'octobre (46 h 10), il suffirait d'une dizaine d'heures supplémentaires dans les prochains jours. "Et je pense qu'il y a de grandes chances que nous y arrivions", avance-t-il.
Une météo qui joue au yo-yo comme cela, voilà donc qui peut surprendre. Mais novembre est un mois "à très forte variabilité atmosphérique." Pascal Mormal rappelle d'ailleurs un épisode frappant. "En 1995, on avait enregistré plus de 20°C le 12 novembre, puis à peine six jours plus tard, les températures maximales étaient négatives en Ardenne, avec de la neige au sol. C'est typiquement le genre de transition que ce mois peut offrir", détaille-t-il.
Vers un hiver plutôt doux
Et pour l'hiver qui s'annonce ? Les premiers signaux ne montrent pas de rupture. "A priori, on reste sur la tendance d'un hiver plutôt doux, avec néanmoins des possibilités ponctuelles de descentes d'air polaire. Rien qui laisse penser à un hiver durablement froid mais la dynamique actuelle est plutôt sud-nord ou nord-sur. Quand l'air vient du sud, la douceur s'installe mais il suffit d'une petite inversion pour avoir quelques épisodes de descente d'air polaire durant l'hiver", prévient-il.
Enfin, le déficit pluviométrique persiste. "Nous sommes à environ 505 mm à Uccle depuis le début de l'année, pour une normale autour de 830 mm. Sauf pluies très abondantes et répétées, l'année sera sensiblement déficitaire après une année 2024 très humide, constate Pascal Mormal. On assiste de plus en plus souvent à des alternances entre longues périodes très pluvieuses et longues périodes très sèches, avec moins de régularité qu'autrefois."