"C'est une période angoissante car on ne sait pas comment les choses vont évoluer"
Christophe, administrateur délégué d'une PME s'attend à des répercussions sur son entreprise.

- Publié le 09-04-2026 à 11h00
Chaque jour, les six techniciens qu'emploie Christophe parcourent la Belgique pour réaliser leurs interventions. "Pour l'instant nous ne ressentons pas encore l'augmentation des prix du carburant, nous fonctionnons avec des cartes essences et les factures arrivent avec un délai de retard", explique cet administrateur délégué d'une PME namuroise spécialisée dans l'éradication des nuisibles. Au total douze employés travaillent dans cette entreprise. "Chaque fois, les conséquences se font ressentir plus tard. Nos fournisseurs n'ont pas encore augmenté leurs prix mais cela va certainement arriver".
Pour fonctionner, cette PME de services repose en grande partie sur des marchés publics, qui ne peuvent être indexés qu'une fois par an, en janvier. "Si la hausse se maintient on risque de se retrouver coincés, d'autant que les salaires continuent à être indexés. J'évite autant que possible d'augmenter nos tarifs car beaucoup de nos clients sont dans le secteur de l'Horeca, qui est lui aussi frappé de plein fouet par cette crise".
Pour tenter de limiter les coûts de fonctionnement, Christophe dispose d'une série de mesures, qu'il n'a pas encore été contraint de mettre en œuvre mais qui restent à sa disposition en cas de besoin. "En temps normal nous sommes trois au bureau, mais nous pouvons adopter le télétravail pour n'avoir qu'une personne sur site. Notre délégué techno commercial s'adapte lui aussi pour parvenir à démarcher des clients sans se déplacer". Pour ce qui est des techniciens, ceux-ci sont contraints de prendre la route pour travailler. "Nous tentons d'optimiser leur tournée pour qu'ils puissent partir de leur domicile et limiter les trajets." Malgré cela, Christophe a déjà diminué les investissements pour la croissance de l'entreprise "tant que la situation n'est pas stabilisée".
Christophe s'estime néanmoins épargné lorsqu'il compare sa situation à certaines de ses connaissances. "Nous avons des véhicules qui consomment peu, il n'est pas nécessaire de mobiliser d'imposantes camionnettes ou des remorques. Pour d'autres, la situation est déjà bien plus compliquée."