Maisons de repos ou appartements mal isolés, les Belges subissent la canicule : "J'avais tellement chaud que je croyais que j'avais de la fièvre"
Face à la canicule, de nombreux Belges tentent de résister à la chaleur dans des logements peu adaptés à ces températures extrêmes.

- Publié le 24-06-2026 à 06h29

La canicule est bel et bien installée en Belgique. Ce mardi, les températures dépassaient allègrement les 30 degrés Celsius à l'ombre dans la majeure partie du pays. Les prochains jours s'annoncent encore plus chauds, avec des pics frôlant localement les 38 °C.
"On arrive quasiment à 30 °C à l'intérieur"
S'il est fortement conseillé d'éviter de sortir aux heures les plus chaudes, rester chez soi relève aussi du calvaire pour de nombreux Belges. Julie vit dans un appartement situé au deuxième étage d'un immeuble à Flémalle. Aujourd'hui, la température dans son logement était de 29,5 °C. Pour tenter de rendre le quotidien dans son appartement plus supportable et faire circuler l'air, elle a installé une climatisation portable et deux ventilateurs. Mais cela ne suffit pas. "Chaque jour, pendant 4 heures, le soleil tape dans les vitres à l'avant, donc la chaleur monte assez vite", explique la mère de famille. "Vu qu'on est sous le toit, on arrive quasiment à 30 °C à l'intérieur. Dans les chambres, il fait très chaud, donc on ne dort pas bien", ajoute-t-elle.
En plus des ventilateurs, Julie et son compagnon ont également cherché à bloquer les sources de chaleur. "On avait d'abord mis des feuilles d'aluminium aux fenêtres en premier recours, mais ça n'avait pas vraiment aidé parce que les murs et les sous-pentes sont tout de même chauds. Aujourd'hui, on vient d'installer des couvertures de survie à la place. On verra si cela nous permet de perdre quelques degrés", espère-t-elle.
Un impact aussi sur l'humeur
Au quotidien, les effets de la chaleur sont difficiles à supporter, confie-t-elle encore. "Cela impacte mon humeur. Je suis irritable parce que je ne dors pas bien et que je ne sais rien faire de plus pour améliorer la situation. La seule astuce que j'ai trouvée est de me mouiller tout le temps la nuque et les cheveux pour essayer de me rafraîchir un peu", déplore Julie. Épuisée, la mère de famille avoue même vouloir déménager. "Ce n'est plus possible de vivre comme ça", souffle-t-elle.
L'air conditionné comme meilleur allié
Dans les maisons de repos, on subit aussi la canicule, et on s'adapte, comme on peut. "Qui a retenu quelle est l'astuce pour savoir si l'on est déshydraté ?", demande Emma Alvarez à ses résidentes. "Il faut pincer sa peau", répondent à l'unisson quelques dames âgées. Un pli qui met du temps à s'estomper sera alors un signe de déshydratation. Réunie dans la salle principale, au rez-de-chaussée, une dizaine de pensionnaires s'adonne à une partie de jeu de société. Outre l'activité – qui semble leur plaire –, la vraie réjouissance du jour est… l'air conditionné, qui n'est installé que dans cette pièce-ci. "Ils viennent d'ailleurs plus tôt aux activités pour avoir de l'air plus frais", indique l'animateur du jeu de société. "On ne peut qu'espérer que la canicule soit bientôt finie parce que c'est vraiment fatigant", lance une résidente. "J'avais tellement chaud que je croyais que j'avais de la fièvre", ajoute une autre dame.
Dans ces conditions de chaleur extrême, les résidentes de la maison de repos ont chacune mis en place leur propre stratégie afin de maximiser leur confort. Si certaines – dont la chambre se situe côté nord – peuvent se contenter de fermer les rideaux, d'autres vivent au son des ventilateurs, attendant le coucher du soleil pour provoquer des courants d'air ou profiter du jardin.
Une hydratation indispensable
De son côté, la gérante de cette maison de repos de Louvain-la-Neuve fait elle aussi tout son possible pour accompagner ses locataires dans cette période délicate. Le menu a par exemple été modifié afin de proposer plus de plats froids et un thermos d'eau fraîche a été mis à disposition dans les couloirs de chaque étage. "On les encourage à se surveiller entre eux et à boire beaucoup d'eau", souligne Emma Alvarez. "Mais les gens d'un certain âge ne ressentent plus la sensation de soif ou ont peur de ne pas savoir se retenir si elles boivent plus que d'habitude. On doit donc leur répéter de nombreuses fois par jour de s'hydrater. Au final, c'est nous qui sommes à bout !", ironise-t-elle.
Au troisième et dernier étage de la résidence, une aide-soignante apporte justement un verre de grenadine à Ginette, 92 ans. Il est 16 h 00, et la température dans sa chambre est de 30,1 °C. Son ventilateur peine à la rafraîchir. "Ça aide à tolérer la chaleur, mais j'ai quand même chaud", confie-t-elle. Fatiguée par ces hautes températures, Ginette avoue subir des épisodes d'endormissement plus fréquents. "Il faisait moins chaud hier qu'aujourd'hui, et encore moins chaud les jours précédents. C'est la première fois qu'il fait 30 degrés. C'est progressif", analyse la nonagénaire. Si les températures des prochains jours s'annoncent tout aussi, voire plus difficiles à supporter, elles devraient s'adoucir dès le début de la semaine prochaine.