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Saint-Hubert, l'étonnante histoire d'une abbaye florissante au cœur des forêts de l'Ardenne

Durant près de mille ans, l'abbaye de Saint-Hubert connut une aura spirituelle, culturelle et politique hors du commun. Le corps de l'évêque du même nom n'y fut pas pour rien.

Un hôtel quatre ou cinq étoiles ouvrira dans le Palais Abbatial de Saint-Hubert probablement en 2027.
Un hôtel quatre ou cinq étoiles ouvrira dans le Palais Abbatial de Saint-Hubert probablement en 2027. ©EDA

Il ne faut jamais prendre les grand-routes. Et surtout pas pour arriver à Saint-Hubert. En visant Tellin, en longeant Mirwart, en descendant à la gare de Poix, mieux vaut découvrir par les chemins cette ville nichée autour de son abbaye, petit rafiot d'art et d'histoire ballotté sur les cimes des forêts ardennaises.

Saint-Hubert semble avoir surgi de nulle part, presque au hasard des siècles. Site gallo-romain, petite ville du Moyen Âge appelé Andage, elle prend son nom actuel après la translation et l'arrivée du corps de saint Hubert dans son abbaye, le 30 septembre 825. Certifiée historiquement, cette translation est un évènement d'envergure. Dans le monde du foot, on parlerait d'un mercato audacieux et décisif. Jusque-là, en effet, le corps intact et "exhalant un étonnant et très suave parfum" (selon la tradition) de l'évêque mérovingien est inhumé à Liège. Au IXe siècle, cependant, le Prince Évêque de la Principauté, Walcaud, mise davantage sur le culte de saint Lambert pour en faire le patron principal de son évêché. L'aura de saint Hubert est en concurrence. Alors qu'il venait d'envoyer à Andage des bénédictins pour christianiser les forêts ardennaises, Walcaud voit donc d'un très bon œil le souhait de ces moines d'emporter avec eux le corps de saint Hubert (qui aurait parcouru de son vivant cette région d'Ardenne) pour dynamiser leur abbaye et y faire converger cultes et pèlerinages. La translation nécessite l'autorisation de la plus haute hiérarchie religieuse et politique, jusqu'à l'empereur Louis le Pieux en personne, mais l'accord est donné et la fameuse translation traverse ville et villages, monte les collines de l'Ardenne dans un esprit de grande fête liturgique.

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