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"L'envol de la mémoire" : se délester du poids de la souffrance

Myriam Spira raconte Joseph et Betty, ses parents, réchappés des camps de la mort. Et comment la deuxième génération est, elle aussi, victime.

Joseph Spira, le père de l'auteure, transportait des "Libre Belgique" clandestines dans son étui à violon.
Joseph Spira, le père de l'auteure, transportait des "Libre Belgique" clandestines dans son étui à violon. ©Myriam Spira

Il s'appelait Joseph. Elle, c'était Betty. Ils avaient la vie devant eux, un avenir de violoniste pour lui, une place dans l'entreprise familiale, à Bruges, pour elle. Mais en 1942, les destins de ces deux-là vont être broyés par la machine de guerre allemande. Car ils étaient résistants – Joseph cachait des Libre Belgique clandestines dans son étui à violon, Betty faisait disparaître un émetteur radio au nez et à la barbe des forces de l'ordre.

Tous deux arrêtés, emprisonnés puis déportés, ils vont connaître l'horreur des camps, la fin de toute humanité et côtoyer la mort pendant trois longues années. L'un comme l'autre va s'accrocher, pourtant. Même quand le frère adoré de Joseph s'éteint à l'infirmerie ou quand Betty voit une de ses codétenues dévorée par les chiens après avoir été battue par des gardiennes SS en furie..

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