"Les sept cadrans d'Agatha Christie" : la Reine du crime débarque sur Netflix
Sans Poirot ni Miss Marple, cette mini-série en seulement trois épisodes tient toutes ses promesses.

- Publié le 14-01-2026 à 21h17

On ne compte plus les adaptations des romans de la Reine du crime, au petit comme au grand écran. Malgré d'innombrables rediffusions – on pense à la série avec David Suchet, ou encore Les petits meurtres d'Agatha Christie – ils font toujours le plein de spectateurs, amateurs d'intrigues bien menées (même si parfois un peu datées).
Alors à quoi bon replonger, encore, dans l'univers un brin suranné de tante Agatha ? La réponse est simple : parce qu'elle reste d'une incroyable modernité. Et, moyennant quelques petits aménagements et le passage d'un chiffon à poussières, voici une mini-série pimpante et follement british. Car, si Netflix est bien à la manœuvre, les sociétés de production qui se cachent derrière le projet (Orchid Pictures, Imaginary Friends et Agatha Christie Ltd.) sont, elles, britanniques.

Après une (assez) mystérieuse scène d'introduction, dans l'arène écrasée de soleil de Ronda, en Espagne, Seven Dials (Les sept cadrans d'Agatha Christie, en français), prend la direction de Chimneys, en Angleterre. Lady Caterham (délicieuse Helena Bonham-Carter) et sa fille Lady Eileen, surnommée Bundle, donnent une réception dans leur manoir. Ce n'est pas de gaieté de cœur mais pour renflouer les caisses puisque, depuis la mort de leur mari et père, les affaires vont mal. On chante, on danse, on boit des litres de champagne et l'on fait tout pour plaire aux Coote, qui financent la sauterie. À Chimneys, on croise des aristocrates, des hommes d'affaires et des agents des services secrets, qui aimeraient mettre la main sur les recherches d'un scientifique allemand, qui pourraient changer le visage d'une guerre que tout le monde pressent.
Au lendemain de la petite bamboche, alors que de nombreux réveils sonnent – une blague de ses amis – dans la chambre de Gerry Wade, l'un des diplomates, celui-ci ne se réveille pas. Il faut se rendre à l'évidence : il est passé de vie à trépas. Mélange d'alcool et de somnifère, décrète le médecin. Mais Bundle, qui en pinçait sérieusement pour le joli Gerry, n'y croit pas. Elle décide alors d'enquêter, malgré les mises en garde de sa mère et celles du mystérieux policier, Battle (Martin Freeman), qui tournicote dans les jardins.
Bundle mène l'enquête
Pas d'Hercule Poirot ni de Miss Marple dans ce roman, écrit par Agatha Christie en 1929. Au départ, elle avait envisagé un traditionnel "roman à énigme" mais, au fil de l'écriture, elle s'orienta plutôt vers un thriller, genre qu'elle estimait beaucoup plus facile. Quatre ans plus tôt, dans Le secret de Chimneys, Dame Agatha avait déjà, une première fois, mis en scène quelques-uns des personnages que l'on retrouve dans Les sept cadrans. Le Marquis de Caterham, sa fille Lady Eileen, le sous-secrétaire d'État aux Affaires étrangères George Lomax et Bill Eversleigh du Foreign Office. Sans oublier le superintendant Battle, policier à Scotland Yard qui lui, sera présent dans cinq romans.
Tout en respectant la trame du livre, Chris Chibnall (Broadchurch) introduit des éléments de modernité dans le décor. Outre les costumes, à la fois très années 20 et intemporels, il s'autorise d'étranges masques et des rapports très "cash" entre les personnages. Christopher Sweeney, à la réalisation, reste, pour sa part dans une mise en scène classique mais qui sort du cadre quand on quitte l'Angleterre, comme pour souligner l'éloignement de ces deux mondes.
En trois petits épisodes seulement (on a envie d'ajouter Hélas !), l'intrigue est rondement menée et pourrait laisser supposer une suite. Sauf qu'Agatha Christie ne l'a pas écrite… C'est là qu'est l'os.
Seven Dials (Les Sept Cadrans d'Agatha Christie)
Série créée par Chris Chibnall, d'après le roman d'Agatha Christie Réalisée par Christopher Sweeney Avec Helena Bonham-Carter, Mia McKenna-Bruce, Martin Freeman, Nabhaan Rizwan,… Netflix 3 x 50 minutes environ.