"Heated Rivalry" : une série navrante, filmée comme un téléfilm érotique de deuxième partie de soirée
La série canadienne aborde, avec de gros sabots, la question de l'homosexualité dans le sport. À voir (ou pas) dès le 6 février sur HBOMax.

- Publié le 03-02-2026 à 13h34
- Mis à jour le 05-02-2026 à 12h07

Shane Hollander (Hudson Williams) et Ilya Rozanov (Connor Storrie) sont jeunes, sportifs, musclés et plutôt jolis garçons. Surtout, ce sont deux stars dans leur domaine : le hockey sur glace. Le premier est canadien, le second russe. Et depuis quelque temps, ils ne cessent de croiser leurs sticks sur les patinoires nord-américaines. La rivalité entre eux est à son comble… dans l'Arena. Car, sous les douches, c'est une tout autre histoire qui s'écrit.
En moins de temps qu'il faut pour le filmer (à la louche, dix bonnes minutes), Shane et Ilya se jaugent, se reluquent dans les vestiaires et ne pensent plus qu'à une chose : se retrouver, dès que possible. Leurs chambres d'hôtels vont accueillir les premiers baisers puis tout le reste, en cachette, bien entendu, de leurs familles, de leurs proches, de leurs entraîneurs et de leurs amis. Car le hockey est un sport viril et il est, évidemment, hors de question de laisser transparaître ses sentiments, surtout quand ils vont vers une personne du même sexe.
Parler d'homosexualité dans le sport de haut niveau et de toute l'hypocrisie qui l'entoure encore, c'était le credo de Rachel Reid quand, en 2018, elle s'est lancée dans sa saga (publiée alors chez… Harlequin Romance) Game Changer. Heated Rivalry, sorti l'année suivante, est l'un des tomes, dans lequel Shane et Ilya apparaissent pour la première fois.
Devenu série diffusée sur Crave (concurrent canadien de Netflix), Heated Rivalry, soyons de bon compte, a au moins un mérite, celui d'aborder un sujet toujours tabou, de façon très décomplexée. En revanche, il y aurait beaucoup à dire sur la manière de faire.
Un hippopotame en tutu
Côté réalisation, entre le téléfilm érotique de deuxième partie de soirée et un Cinquante nuances de Grey version gay, on approche du néant absolu. Entre deux scènes de sport (il faut le dire vite), on saute allègrement quelques mois durant lesquels rien ne se passe, pour retrouver les deux héros dans un lit, brûlants de désir et ne manquant pas de se le dire. Pour les plus anglophiles, les amants ne cessent de se titiller gentiment en se traitant de "asshole", voire de "fucking asshole". "Tu n'attends que ça", se rétorquent-ils avec la légèreté d'un hippopotame en tutu.
Quand Boots (Netflix) abordait la question de l'homosexualité dans l'armée, quand Brokeback Mountain le faisait avec une infinie délicatesse ou quand Thimotée Chalamet, sous la direction de Luca Guadagnino, découvrait l'amour dans Call Me By Your Name, il y avait de la beauté et de la cinématographie. Dans Heated Rivalry, il n'y a qu'un fifrelin de crédibilité, aucun charisme et beaucoup de placements de produits. C'est navrant, mais une deuxième saison devrait (déjà) arriver bientôt.
Heated Rivalry
Série créée et réalisée par Jacob Tierney Avec Hudson Williams, Connor Storrie, Robbie G.K., Sophie Nelisse, Christina Chang,… HBO Max 6 x 50 minutes environ.