"Carrie" à l'ère TikTok
Une Carrie de son temps, où le harcèlement devient viral et le cauchemar plus tangible que jamais.
- Publié le 07-10-2026 à 13h39
- Mis à jour le 07-10-2026 à 13h40

Publié en 1974, Carrie est l'un des romans fondateurs de Stephen King. Si le film culte de Brian De Palma (1976) reste gravé dans les mémoires, la relecture de 2013 avait laissé un goût d'inachevé. Cette nouvelle adaptation change clairement la donne. L'intrigue demeure fidèle à l'original : à 15 ans, Carrie White grandit isolée sous l'emprise de Margaret, sa mère fanatique. Après la mort de son père, les services sociaux l'obligent à intégrer le lycée. Différente, sans repères, elle devient rapidement la cible d'un harcèlement cruel, cristallisé par une éprouvante scène dans les douches. Mais l'adolescente découvre bientôt d'impressionnants pouvoirs télékinésiques.
Une relecture contemporaine plus pertinente qu'attendu
Aux commandes, Mike Flanagan (Jessie, Doctor Sleep) confirme à nouveau son affinité avec l'univers de King. Son principal mérite est d'ancrer le récit à l'ère des réseaux sociaux, où l'humiliation publique et le harcèlement prennent une ampleur dévastatrice. Surtout, l'écriture refuse les oppositions trop simplistes entre victimes et bourreaux : même l'impitoyable Chris gagne ici en épaisseur.

Certes, le récit prend son temps, Carrie n'apprivoisant ses dons qu'à mi-parcours, et le final impressionne un peu moins que la montée en tension qui le précède. Portée par l'interprétation intense de Summer H. Howell dans le rôle-titre et par la présence troublante de Samantha Sloyan en mère fanatique, aux côtés notamment d'Alison Thornton et de Matthew Lillard, cette relecture contemporaine parvient à faire des tourments de l'adolescence un véritable cauchemar éveillé. Une adaptation à la fois pertinente et prenante.
Carrie, série créée par Mike Flanagan, avec Summer H. Howell, Siena Agudong, Samantha Sloyan… Prime Vidéo, 8x1h