Deulin et ses muses
Le domaine des Harlez recèle quelques pièces fort enviables. Grâce aux muses protectrices, on s'amuse. À voir encore ce prochain week-end.
- Publié le 04-10-2023 à 08h57
- Mis à jour le 05-10-2023 à 14h45

Vendredi dernier, après des bourrasques un peu trop intenses qui traversèrent le pays, il faisait grand calme, pleine lune et une pincée de brouillard pas loin des 20h et jusqu'à minuit sur le château et le parc de Deulin. Les muses, mais pas toutes les neuf sœurs, avaient organisé la fête qui se déroula le week-end passé et qui reprendra dans quatre jours. Clio qui était venue en voiture avec son ami Renaud, s'est occupée de divulguer l'histoire de cette belle maison de 270 ans, à la foule un peu maigre. Il nous semble l'avoir reconnue sur le superbe stand de Luc Decruyenaer et dans les fardes de gravures du "Tout venant". Erato s'était faite discrète et avait essaimé quelques conseils à des peintres orientalistes accrochés aux cimaises de la galerie Libertas, de Bruges. Euterpe avait conseillé le fleuriste baroque Frédéric Garsou installé à Theux et ici dans une petite salle à manger où le soir venu Bach céda la place à du Disco. Ceci donna l'envie à plus d'un de danser avec souplesse et énergie, comme la gente dame de la maison Malvoisin. Du coup, Terpsichore, muse de la danse, avait fait un saut, le temps d'un soir. Voilà qui nous fait penser au délicat tableau d'Eustache Le Sueur conservé au Louvre.
Prof à la Sorbonne
Melpomène n'avait pas été conviée car elle symbolise la tragédie et le chant des sirènes. Une seule suffit, la Nôtre. Sa Majesté vint avec son royal époux et enchanta son monde comme chaque année. Polymnie avait conseillé Thibault Wolvesperges, amateurs de tableaux de la fin du XIXe siècle et du début du siècle passé. Son grand paysage industriel et ses maisons rouges, peint par Léon Devos, membre du groupe "Nervia" est une perle parmi d'autres tableautins. Il y a là plusieurs artistes souvent mal connus, voire mal défendus par le marché, mais de qualité. Polymnie lui va comme un gant, elle qui protège la rhétorique et donc cet Ucclois professeur d'Histoire de l'Art à la Sorbonne.
Thalie n'était pas en reste et animait le coeur de chaque exposant vouant à la comédie et à la théâtralité une bonne part de leur énergie. Pour vendre, pour convaincre, il faut être enjoué et de belle humeur. Nous ne vîmes aucune mine défaite, que du contraire. Les lieux sont en effet inspirants. L'amitié qui règne à Deulin participe d'une magie palpable et les amateurs qui font le déplacement se laissent souvent tenter. Uranie se charge d'ailleurs, chaque année depuis cinq ou six lustres (beaucoup moins que les très beaux exemplaires accrochés dans la chapelle), à ce que les astres soient toujours bien orientés pour défendre ces négociants amoureux de leur métier. À l'instar de Jean Bertot, le gamin de la bande, peintre de clowns qui fit jadis de votre serviteur un portrait fort enviable et qui dispose dans son petit abri d'un tronc d'église en bois peint, pour les Vieillards de Verviers, association fondée en 1883. Par ailleurs, le week-end prochain, il y a la grande brocante de Ciney, sur le site du marché aux bestiaux, à ne pas manquer non plus.
Vente publique Où ? Au château de Deulin, par Hotton. GPS : Fronville. www.espacedeulin.be. Tél. : 084.44.66.16. Durbuy se trouve à moins de 10 km. Quand ? Ces samedi 7 et dimanche 8 octobre. De 11h à 19h. Entrée : 8 €, gratuit sous les 15 ans. Parking aisé et gratuit.