"Je regrette qu'Anne Gruwez ne soit pas montée sur scène"

Jean Libon et Yves Hinant décrochent le Magritte du meilleur documentaire pour Ni Juge ni soumise. Ceux qui se demandaient pourquoi Jean Libon et Yves Hinant avaient choisi de titrer Ni juge ni soumise le documentaire qu'ils ont consacré à Anne Gruwez ont tout de suite compris en regardant la soirée des Magritte, ce samedi soir.

Le juge Luc Hennart avait été très clair : il n'était pas question qu'elle foule le tapis bleu. Il en a donc sûrement avalé son nœud papillon de travers en constatant qu'elle a bravé l'interdiction de sa hiérarchie pour accompagner l'équipe du documentaire.

Pour la plus grande joie d'Alex Vizorek. "Anne Gruwez est là. C'est une excellente nouvelle (elle sourit, NdlR). Et elle ne peut pas s'exprimer. Cela aussi, c'est une excellente nouvelle (là, Anne Gruwez paraît choquée, NdlR)."

Puis, il évoque le juge Hennart : "Il a vu le film il y a deux semaines alors qu'il est sorti voici un an. C'est aussi ça les lenteurs de la Justice." Et de conclure par une vacherie, à l'adresse de la juge d'instruction : "Je vous ai mise volontairement devant François Troukens, comme ça, pour une fois, c'est lui qui surveillera un juge."

Sans surprise, le documentaire aux 75 000 entrées (un score colossal dans nos salles) a décroché le prix du meilleur documentaire. Pour le plus grand bonheur de Jean Libon et Yves Hinant, qui jouaient pourtant profil bas. "On tient à remercier la Justice, précise Jean Libon. Tout s'est très bien passé. Si tous les films se déroulaient aussi bien, ce serait un bonheur. Quelqu'un a un peu dérapé - on se demande pourquoi - mais tout le reste s'est formidablement bien passé."

Puis, quelques instants plus tard, le duo se lasse des questions sur la présence d'Anne Gruwez dans la salle. "Elle a hésité, précise Jean Libon. Mais elle est majeure et vaccinée, c'est elle qui a décidé. Je regrette qu'elle ne soit pas montée sur scène. C'est de l'auto-punition. Je ne suis pas juriste mais je crois qu'elle ne risque rien du tout, tant qu'elle ne parle par d'une enquête dans laquelle elle est impliquée. Mais qui va oser la sanctionner pour être venue aux Magritte ? Toute la Belgique rit de cette polémique. Mais pour nous, c'est juste un épiphénomène. On est heureux de passer à autre chose."

Ce n'est pas une certitude : le sujet risque de revenir sur la table avec les Césars, le 22 février prochain.


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