Suspense et polémiques aux César
"J'accuse" de Polanski, en tête des nominations pour la 45e cérémonie.

- Publié le 30-01-2020 à 09h01
- Mis à jour le 30-01-2020 à 09h44

"J'accuse" de Polanski, en tête des nominations pour la 45e cérémonie.
Vendredi 28 février, salle Pleyel à Paris, se déroulera, sous la présidence de Sandrine Kiberlain, la 45e cérémonie des César.
Il y aura des remerciements, des larmes et du suspense car 2019 fut exceptionnelle. En effet, le cinéma français a produit une dizaine de films de très haute qualité, qui furent des succès pour la plupart : Hors Normes (2 millions d'entrées), Les Misérables (2 millions), J'accuse (1,5 million) - La Belle Époque (1,2 million).
Tout va donc pour le mieux à l'académie des César ? Pas vraiment. Avant l'annonce des nominations, il y avait de la polémique dans l'air, le président Terzian étant attaqué sur le front de la parité au sein de son institution. Et avec Roman Polanski, en tête des nominations, un second feu vient de s'allumer sur les réseaux sociaux.
Sept films haut de gamme
J'accuse mène donc le peloton, suivi par Les Misérables de Ladj Ly et La Belle Époque de Nicolas Bedos avec onze nominations, talonnés par Portrait de la jeune fille en feu, 10 nominations. Le film de Céline Sciamma fut mystérieusement boudé en France alors qu'il a connu le succès à l'étranger, notamment au Benelux où il a dépassé les 100 000 entrées.
La Belle Époque de Nicolas Bedos, Grâce à Dieu de François Ozon, Hors Normes d'Éric Toledano et Olivier Nakache, J'accuse de Roman Polanski, Les Misérables de Ladj Ly, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma et Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin : chacun de ces sept films et de ces huit réalisateurs finalistes mérite le trophée sans que personne ne puisse crier à l'imposture ou au copinage. Et on aurait pu encore ajouter Alice et le maire de Nicolas Pariser.
Côté meilleur acteur, le choix sera tout aussi douloureux. Comment départager Daniel Auteuil de retour à son meilleur niveau dans La Belle Époque, Jean Dujardin méconnaissable dans J'accuse, Roschdy Zem (Roubaix) dans le rôle de sa vie, et le duo hors normes Vincent Cassel - Reda Kateb. Sachant que Damien Bonnard (Les Misérables) et Melvil Poupaud (Grâce à Dieu) sont épatants. Et on peut s'étonner de ne pas y trouver François Civil, la révélation de l'année.
Chez les comédiennes aussi la lutte sera âpre entre Anaïs Demoustie r (Alice et le maire), Eva Green (Proxima), Noémie Merlant (Portrait de la jeune fille en feu), Doria Tillier (La Belle Époque) et Chiara Mastroianni (Chambre 212). À moins que l'actualité judiciaire ne vienne brouiller les votes en faveur d'Adèle Haenel.
Présence belge discrète
Une fois n'est pas coutume, la présence belge sera discrète. Heureusement, il y a les Dardenne et Le jeune Ahmed, ainsi que, surprise, Lola vers la mer de Laurent Micheli. Leurs concurrents pour le César du meilleur film étranger s'appellent Almodovar (Douleur et Gloire), Todd Phillips (Joker), Tarantino (Once Upon a Time...), Bong Joon-ho (Parasite) et Bellocchio (Le Traître). Pour le reste, la costumière de Polanski et d'Ozon, Pascaline Chavanne, sauve l'honneur.
