Agnès Varda sur le petit écran
À l'occasion de la grande exposition "Viva Varda !" à la Cinémathèque française à Paris, un documentaire revient, sur Arte, sur la carrière d'un petit bout de cinéaste pas comme les autres… Tandis qu'on peut revoir nombre de ses films.

- Publié le 24-10-2023 à 15h57
- Mis à jour le 25-10-2023 à 14h34

Parallèlement à l'expo Viva Varda ! de la Cinémathèque française, Agnès Varda est omniprésente au petit écran en cette fin d'année. "Grand mécène" de la Cinémathèque française depuis février 2023, Netflix propose à ses abonnés français une collection de six films, malheureusement inaccessible en Belgique.
Mais il est d'autres façons de plonger dans l'univers poétique de Varda. Sooner, la plateforme de streaming cinéphile belge, programme ainsi pas moins de 10 films, dont les plus iconiques : La Pointe courte, Cléo de 5 à 7, Le Bonheur, L'une chante, l'autre pas, Sans toit ni loi… Mais aussi ses grands documentaires : Les Glaneurs et la Glaneuse, Visages Villages, ainsi que son film testament : Varda par Agnès.
De son côté, Arte propose également plusieurs films en télé, mais aussi Viva Varda !, documentaire qui accompagne l'expo de la Cinémathèque. Celui-ci sera diffusé le 6/11 à 22h35 et sera disponible du 30/10 au 3/2 sur Arte.tv.

Varda, un parcours d'artiste
Auteur de nombreux documentaires consacrés au cinéma (dont des films sur Jacques Audiard, Volker Schlöndorff, Danielle Darrieux, Henri-Georges Clouzot, Luis Buñuel ou Louis Malle), Pierre-Henri Gibert s'essaye à un "portrait libre". Lequel retrace avec beaucoup de pédagogie (et un brin d'irrévérence) la trajectoire d'Agnès Varda, depuis sa naissance le 30 mai 1928 et son enfance à Bruxelles auprès d'un père industriel anversois qu'elle n'aimait pas. Le tournant, ce sera sa rencontre, pendant la guerre à Sète, avec les sœurs Schlegel, qui vont changer sa vie en l'ouvrant à l'art. Andrée épousera le jeune Jean Vilar — ancienne babysitteuse de leurs enfants, Varda sera aux premières loges, en tant que photographe, de la création du TNP et du Festival d'Avignon — et Valentine, sculptrice, deviendra la compagne de la jeune Varda. Au début des années 1950, toutes deux s'installeront rue Daguerre, où Varda tournera ses fameux Daguerréotypes, portrait des commerçants de sa rue en 1975…
Varda, la construction d'un mythe
Dite par Louis Garrel, la voix off de Viva Varda ! trouve le bon équilibre pour faire se répondre la vie privée — un des matériaux de base de son cinéma — et l'œuvre de Varda. En compagnie de Sandrine Bonnaire (la Mona de Sans toit ni loi en 1985), Patricia Mazui, Audrey Diwan, Atom Egoyan, mais aussi les enfants de la cinéaste (Rosalie Varda et Mathieu Demy), on reparcourt ainsi l'ensemble de sa filmographie, de La Pointe courte en 1954 à Varda par Agnès, réalisé juste avant sa mort en 2019.
Où l'on comprend aussi comment, à la fin de sa vie, la cinéaste a cadenassé le regard sur son œuvre, en s'autroproclamant par exemple "la grand-mère de la Nouvelle Vague" ou en gérant de près son héritage cinématographique. Et ce en rachetant les droits de tous ses films et ceux de son mari Jacques Demy avec sa société de production Ciné-Tamaris. Mais aussi en se créant un véritable personnage, celui de cette petite vieille femme aux cheveux bicolores se promenant de film en film, d'exposition en exposition. Viva Varda ! montre bien en effet combien Varda était une grande cinéaste, photographe et artiste, doublée d'une redoutable femme d'affaires, très près de ses sous et douée d'un vrai sens du marketing…

Viva Varda ! Documentaire Scénario et réalisation Pierre-Henri Gibert Photographie Nicolas Duchêne et Denis Gaubert Musique Arnaud Guillemant Montage Pierre-Henri Gibert et Laure-Alice Hervé Avec Agnès Varda, Mathieu Demy, Rosalie Varda… et la voix de Louis Garrel. Durée 1h07