Record de nominations pour "Augure" aux Magritte du cinéma 2024
Le premier long métrage du chanteur et réalisateur Baloji récolte 13 nominations, devant "Dalva" d'Emmanuelle Nicot (9) et "Le Syndrome des amours passées" d'Ann Sirot et Raphaël Balboni. La 13e cérémonie des prix du cinéma belge francophone sera diffusée en direct sur la RTBF le 9 mars prochain.

- Publié le 09-02-2024 à 15h44
- Mis à jour le 09-02-2024 à 17h42

Ce vendredi matin, l'Académie Delvaux, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF conviaient la presse au Théâtre National à Bruxelles pour présenter les détails la 13e cérémonie des Magritte, qui se déroulera le 9 mars prochain. Comme l'année dernière, celle-ci sera présentée par Patrick Ridremont et retransmise en direct sur la RTBF, depuis le Théâtre National.
Succédant à Lubna Azabal, Bouli Lanners sera le président de cette cérémonie, après avoir été le grand vainqueur de l'édition 2023, avec pas moins de trois statuettes : meilleur film et meilleur réalisateur pour Nobody Has to Know et meilleur acteur pour La Nuit du 12 de Dominik Moll. Le président devra peut-être également monter sur scène, le 9 mars, pour recevoir le prix du meilleur acteur, ayant décroché sa 11e nomination dans cette catégorie pour Un coup de maître de Rémi Bezançon. Même si le Magritte semble acquis à Arieh Worthalter, époustouflant dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn (qui lui a également valu une nomination au César du meilleur acteur).

Renouveau du cinéma belge
Candidat malheureux de la Belgique à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Augure de Baloji décroche le record de nominations aux Magritte, avec pas moins de 13 statuettes potentielles, dont les principales : meilleurs film, réalisateur, acteur (pour Marc Zinga), scénario, premier film, musique… Il est suivi par le magnifique Dalva d'Emmanuelle Nicot, nommé à 9 reprises, et par Le Syndrome des amours passées. Vainqueurs des Magritte 2022 avec sept prix pour leur premier film Une vie démente, Ann Sirot et Raphaël Balboni empochent cette fois 8 nominations.
Cette année encore, c'est un premier film qui devrait s'imposer, preuve du renouvellement du cinéma belge francophone. Sur les cinq films en lice à la récompense suprême (sur 20 productions majoritaires éligibles), quatre sont en effet des premiers longs métrages (tous également en lice dans cette catégorie). Outre Augure et Dalva, on retrouve en effet Le Paradis de Zeno Graton et Temps mort, d'Ève Duchemin, deux films qui abordent le thème de la prison. Autre signe d'une évolution rapide de la production francophone, trois des cinq candidats aux Magritte du meilleur film sont réalisés ou coréalisés par une femme.
Du côté des comédiens, ce renouvellement est un peu moins marqué. Chez les actrices, on retrouve ainsi des habituées comme Yolande Moreau (pour son film La Fiancée du poète), Lubna Azabal (dans le magnifique Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani, également nommé au Magritte du meilleur film étranger en coproduction) et Lucie Debay (nommée pour Le Syndrome des amours passées, mais aussi, comme meilleur second rôle, pour Augure). Pas de trace de Virginie Efira cette année, mais on retrouve la talentueuse Mara Taquin, en course pour son rôle face à Fabrice Luchini dans La Petite de Guillaume Nicloux. Tandis que la jeune actrice prometteuse pourrait également obtenir le Magritte du meilleur espoir pour La Bête dans la jungle de Patric Chiha.
Chez ces messieurs, outre Bouli Lanners, Arieh Worthalter et Marc Zinga, on retrouve Jérémie Renier, très attachant en quarantenaire en crise dans l'atmosphérique Ailleurs si j'y suis de François Pirot.
Parmi les films étrangement boudés, citons Tengo sueños electricos de la Costa-Ricaine Valentina Maurel (une nomination pour le montage) ou L'Autre Laurens de Claude Schmitz (2 nominations pour l'image et la musique).
À suivre sur les ondes de la RTBF
Le résultat du vote des membres de l'Académie Delvaux — qui sont déjà au nombre de 876 cette année, un record — est à découvrir sur les ondes de la RTBF (qui a succédé, en 2018, à BeTV, qui avait lancé les Magritte en 2011), en direct à partir sur 20h30 sur La Trois, mais aussi en radio sur La Première et sur la plateforme Auvio.
Au-delà de la cérémonie elle-même, le service public proposera, du 4 au 8 mars, une "Semaine du cinéma belge", durant laquelle les émissions télé et radio de la RTBF se mettront aux couleurs des Magritte. Tandis qu'Auvio permettra de voir ou revoir gratuitement 30 films ou coproductions belges.
Tous les nommés aux Magritte 2024
Meilleur film
- Augure de Baloji
- Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Le Paradis de Zeno Graton
- Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
- Temps mort, d'Ève Duchemin
Meilleure réalisation
- Baloji pour Augure
- Emmanuelle Nicot pour Dalva
- Zeno Graton pour Le Paradis
- Ann Sirot et Raphaël Balboni pour Le Syndrome des amours passées
Meilleur scénario original ou adaptation
- Baloji pour Augure
- Emmanuelle Nicot pour Dalva
- Zeno Graton pour Le Paradis
- Ann Sirot et Raphaël Balboni pour Le Syndrome des amours passées
Meilleur premier film
- Augure de Baloji
- Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Le Paradis de Zeno Graton
- Temps mort, d'Ève Duchemin
Meilleure actrice
- Yolande Moreau dans La Fiancée du poète d'elle-même
- Mara Taquin dans La Petite de Guillaume Nicloux
- Lubna Azabal dans Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani
- Lucie Debay dans Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
Meilleur acteur
- Jérémie Renier dans Ailleurs si j'y suis de François Pirot
- Marc Zinga dans Augure de Baloji
- Arieh Worthalter dans Le Procès Goldman de Cédric Kahn)
- Bouli Lanners dans Un coup de maître de Rémi Bezançon
Meilleure actrice dans un second rôle
- Myriem Akheddiou dans 16 ans de Philippe Lioret
- Lucie Debay dans Augure de Baloji
- Yves-Marina Gnahoua dans Augure de Baloji
- Sandrine Blancke dans Dalva d'Emmanuelle Nicot
Meilleur acteur dans un second rôle
- Philippe Résimont dans L'Employée du mois de Véronique Jadin
- Peter Van den Begin dans L'Employée du mois de Véronique Jadin
- Jean-Benoît Ugeux dans Last Dance de Delphine Lehericey
- Arieh Worthalter dans Rien à perdre de Delphine Deloget
Meilleur espoir féminin
- Bérangère McNeese dans Ailleurs si j'y suis de François Pirot
- Zelda Samson dans Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Laetitia Mampaka dans L'Employée du mois de Véronique Jadin
- Mara Taquin dans La Bête dans la jungle de Patric Chiha
Meilleur espoir masculin
- Amine Hamidou dans Le Paradis de Zeno Graton
- N'Landu Lubansu dans Le Paradis de Zeno Graton
- Lazare Gousseau dans Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
- Yoann Zimmer dans Retour à Séoul de Davy Chou
Meilleur documentaire
- Adieu sauvage de Sergio Guataquira Sarmiento
- Le Balai libéré de Coline Grando
- Se crasher pour exister de Julien Henry
- Une jeunesse italienne de Mathieu Volpe
Meilleur film flamand
- Débâcle de Veerle Baetens
- Holly de Fien Troch
- Luka de Jessica Woodworth
- Wil de Tim Mielants
Meilleur film étranger en coproduction
- Interdit aux chiens et aux Italiens d'Alain Ughetto
- Le Bleu du Caftan de Maryam Touzani
- Retour à Séoul de Davy Chou
- Vincent doit mourir de Stephan Castang
Meilleur court métrage de fiction
- Beyond the Sea d'Hippolyte Leibovici
- Les Silencieux de Basile Vuillemin
- Se dit d'un cerf qui quitte son bois de Salomé Crickx
- Un bon garçon de Paul Vincent de Lestrade
Meilleur court métrage documentaire
- En attendant les robots de Natan Castay
- Journal d'une solitude sexuelle de Nina Alexandraki
- Les Heures creuses de Judith Longuet-Marx
- On Mothers and Daughters in Times of Injustice de Talia Jawitz
Meilleur court métrage d'animation
- Les Marrons glacés de Delphine Hermans et Michel Vandam
- Pina de Giuseppe Accardo et Jérémy Depuydt
- Va-t'en, Alfred ! de Célia Tisserant et Arnaud Demuynck
- Voyage en amnésie d'Anouk Kilian-Debord
Meilleure image
- Joachim Philippe pour Augure de Baloji
- Caroline Guimba pour Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Florian Berutti pour L'Autre Laurens de Claude Schmitz
Meilleure musique originale
- Baloji pour Augure de lui-même
- Thomas Turine pour L'Autre Laurens de Claude Schmitz
- Stéphanie Blanchoud, Benjamin Biolay et Jean-François Assy pour La Ligne d'Ursula Meier
Meilleur montage
- Bruno Tracq et Bertrand Conard pour Augure de Baloji
- Sophie Vercruysse et Raphaël Balboni pour Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
- Bertrand Conard pour Tengo sueños electricos de Valentina Maurel
Meilleur son
- Jan Deca, Erik Griekspoor, Danny van Spreuwel et Vincent Nouaille pour Augure de Baloji
- Fabrice Osinski, Valérie Le Docte, Aline Gavroy et Olivier Thys pour Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Dirk Bombey, Emilie Mauguet, Xavier Thieulin et Bertrand Boudaud pour Vincent doit mourir de Stephan Castang
Meilleurs décors
- Eve Martin pour Augure de Baloji
- Catherine Cosme pour Dalva d'Emmanuelle Nicot
- Julien Dubourg pour Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
Meilleurs costumes
- Elke Hoste et Baloji pour Augure de Baloji
- Claire Dubien pour L'étoile filante d'Abel et Gordon
- Frédérick Denis pour Le Syndrome des amours passées d'Ann Sirot et Raphaël Balboni
- Jessica Harkay pour The Belgian Wave de Jérôme Vandewattyne