Une épée de Damoclès au-dessus de Cannes
L'ouverture, mardi soir, du plus grand festival de cinéma au monde, pourrait être un nouveau moment de crise pour le monde du cinéma français. À cette occasion, plusieurs personnalités pourraient être touchées par des révélations concernant des agressions sexuelles.

- Publié le 07-05-2024 à 15h12
- Mis à jour le 07-05-2024 à 17h24

Lundi soir, a été publiée sur le réseau X (ancien Twitter) une liste de 10 personnalités de premier plan du cinéma français présentées comme agresseurs sexuels. Des acteurs, réalisateurs, producteurs qui, pour la plupart, n'appartiennent pas à la génération jusqu'ici ciblée par le #MeToo du cinéma français, celle des Gérard Depardieu (placé en garde à vue le 29 avril dernier), Benoît Jacquot (accusé de viol par Judith Godrèche et Isild Le Besco), Jacques Doillon, André Téchiné ou encore Dominique Besnehard, à qui Télérama vient de consacrer une "enquête sur un agent trouble du cinéma français".
Si le contenu de la liste divulguée lundi soir est plus que sujet à caution, il n'en reste pas moins que de nombreux noms circuleraient bel et bien parmi les professionnels du 7e Art français depuis plusieurs semaines. Si l'on en croit Le Figaro, qui a publié lundi soir un article sur le sujet, ou encore l'équipe de Touche pas à mon poste ! de Cyril Hanouna, qui a largement dramatisé l'affaire à l'antenne de C8 lundi soir, cette liste explosive pourrait être dévoilée à l'occasion de l'ouverture, ce mardi 14 mai, du 77e Festival de Cannes. Lequel risque également d'être impacté par un appel à la grève lancé par le collectif "Sous les écrans, la dèche" représentant divers métiers du cinéma (projectionnistes, programmateurs, attachés de presse…).
D'après nos informations, Médiapart s'apprêterait en effet à publier un article mettant en cause une personnalité très populaire du cinéma français. Ce qui, effectivement, pourrait rebondir sur le Festival de Cannes. D'après Le Figaro, sa nouvelle présidente, l'Allemande Iris Knobloch, serait en mode "vigilance renforcée". Alors que certains films de la sélection officielle pourraient être touchés, le festival aurait en tout cas fait appel à une agence spécialisée dans la communication de crise dont le nom n'a pas été révélé. Voilà qui n'arrangerait pas les affaires d'un festival souvent accusé de faire peu de cas de l'égalité femme-homme (avec, par exemple, seulement quatre réalisatrices sur les 22 prétendants à la prochaine Palme d'or). Tandis que la venue royale de Johnny Depp en ouverture l'année dernière, à l'affiche de Jeanne du Barry Maïwenn, avait provoqué pas mal d'émoi. Le Festival pourra cependant bénéficier cette année sur la caution de Judith Godrèche, qui dévoilera sur la Croisette Moi aussi, court métrage mettant en lumière les récits de victimes de violences sexuelles.
Ces révélations attendues s'inscrivent en effet dans la nouvelle vague du #MeToo du cinéma français, suscitée par l'actrice française avec sa série Icon of French Cinema sur Arte fin 2023. Lors de son audition par le Sénat en février dernier, Godrèche avait demandé l'ouverture d'une commission d'enquête sur les violences sexuelles dans le cinéma français. Laquelle a été votée par l'Assemblée nationale le 2 mai dernier. Le mouvement touche également le monde du théâtre, avec la mise en examen pour viol, lundi, du dramaturge Pierre Notte…
