Le film Netflix "Sous la Seine", qui simule une attaque de requin à Paris, fait bondir les scientifiques
"C'est une honte. Je suis tombé de l'armoire en voyant la bande-annonce", explique notamment un expert.
- Publié le 07-06-2024 à 17h08

Dans "Sous la Seine", sorti mercredi sur Netflix (et dont voici notre critique), Bérénice Bejo traque un requin géant assoiffé de chair humaine dans les catacombes de Paris. Le tout alors que se déroule au même moment une épreuve de triathlon en eau vive – épreuve qui rappelle d'ailleurs les Jeux olympiques à venir… Mais ce thriller, signé Xavier Gens, s'attire depuis les foudres de la communauté scientifique.
La raison ? Un scénario totalement improbable. Nicolas Ziani, fondateur du Groupe Phocéen d'Étude des Requins, partage son mécontentement auprès du Parisien. "C'est une honte. Je suis tombé de l'armoire en voyant la bande-annonce", explique-t-il. Avant d'enchaîner sur ledit requin : "C'est de l'apocalypse cognitive. C'est quasiment de la fake news. On importe une problématique qui n'a jamais existé dans l'Hexagone."
"Le grand requin blanc est une espèce extrasensible, il ne survivrait pas deux jours dans les eaux de la Seine même sans pollution. Cela n'a rien à voir avec l'exemple récent du Béluga", confie encore l'expert. Qui conclut : "Ce film donne une image de catastrophisme qui est de l'ordre de la démence. Il n'a aucune crédibilité scientifique même s'il entoure son sujet d'un vague message écologique presque de l'ordre de la propagande."
Eric Clua, vétérinaire et professeur à l'École Pratique des Hautes Études (EPHE), a également livré son point de vue dans le Huffington Post. "Pour autant qu'un requin s'en prenne à l'homme, il va s'en prendre à une seule proie isolée et être extrêmement spécifique dans son approche" indique-t-il. "Là on fait croire que le requin va arriver et mordre tout le monde à droite à gauche, comme une bête déchaînée assoiffée de sang. C'est totalement faux d'un point de vue comportemental."
Pour le spécialiste, on se trouve avec ce film "dans un délire complet, dans de la fiction la plus totale."
Enfin, dans le Parisien encore, Typhaine Coste, médiatrice scientifique à l'Aquarium de Paris, précise elle aussi que "le danger du requin est très surestimé. Par exemple, en 2023, 69 attaques de requins ont été recensées et seulement 10 ont été mortelles et, tout ça, dans le monde entier."
Voilà de quoi vous rassurer (ou pas) avant d'aller éventuellement voir le film.

