Avec "Elio", Pixar repart avec succès en renouant avec l'esprit des classiques de Disney
Le studio efface l'échec de "Buzz l'Éclair" en partant à la conquête de l'espace;

- Publié le 17-06-2025 à 19h22
- Mis à jour le 20-06-2025 à 10h27

Le studio Pixar n'a manifestement toujours pas digéré le flop de Buzz l'Éclair. Avec Elio, le studio à l'origine de Toy Story repart à la conquête de l'espace, en piochant allègrement dans les recettes de ses précédents succès : la perte des parents (comme dans En avant), les créatures bizarroïdes (comme dans Monstres et Cie), la difficulté d'être différent (à l'instar de Mérida dans Rebelle) et, surtout, un maximum de psychologie, si joliment développée dans les deux Vice-Versa. Sans oublier quelques sources d'inspiration informatiques puisées dans Les Mondes de Ralph de Disney, un emprunt des pouvoirs de Docteur Strange ou quelques clins d'œil aux ancêtres de l'animation japonaise, Goldorak et Albator en tête.
Élevé par sa tante Olga, compréhensive mais désemparée par son comportement solitaire et parfois teigneux, Elio ne rêve que d'une seule chose : se faire enlever par des extraterrestres pour enfin se sentir accepté tel qu'il est. Un vœu qui prend une tournure inattendue, lorsque les ambassadeurs du Communivers, représentant tous les peuples pacifiques de la galaxie en recherche de nouvelles espèces, le prennent pour le chef de la Terre. Et, à ce titre, lui confient une mission périlleuse : amener, par la diplomatie, le belliqueux Grignon à ne pas les réduire en miettes.
Une mine d'or pour les parents
Pour les parents, Elio constitue une mine d'or afin d'aborder des thèmes difficiles, comme la solitude, le mal-être, la perte d'êtres chers, le désir absolu d'intégration, l'acceptation de la différence, la compréhension que les problèmes imputés aux autres peuvent aussi avoir été provoqués par soi-même, l'importance de combattre ses peurs, la diversité ou la différence entre les apparences et la réalité. Ou la question centrale du film : sommes-nous seuls, sur Terre et dans l'univers ? Les sujets de discussions ne manquent pas.
Avec ce film d'animation, Pixar renoue étonnamment avec les classiques de Disney, en misant sur des scènes parfois effrayantes (le clonage qui débouche sur une version "parfaite" de soi, le saut dans la gueule d'un monstre, des créatures agressives au look "goldorakien" ou des responsabilités impossibles à assumer), en décalage avec l'approche à l'eau de rose des productions animées actuelles. Un choix osé, plus en phase avec l'esprit des contes de fées, mais de nature aussi à dérouter. En dépit du gentil monstre tout en rondeurs Glordon et d'aventures très enfantines, les plus petits pourraient sursauter plus d'une fois dans leur fauteuil.
Visuellement très coloré et scénaristiquement audacieux, voire parfois délirant, grâce à sa profondeur et son humanité, Elio s'élève au-dessus de la moyenne des films d'animation Pixar, sans pour autant atteindre les sommets d'inventivité comme pour Là-haut, Soul ou Wall-E.


Elio Animation De Madeline Sharafian, Domee Shi et Adrian Molina Scénario Adrian Molina, Julia Cho, Mark Hammer et Mike Jones Musique Rob Simonsen Montage Anna Wolitzky et Steve Bloom Avec les voix en VF de Nathan Dupont, Zita Hanrot, Noé Richard… Durée 1h39