Disparition de Rob Reiner, réalisateur phare du Hollywood des années 1980
Assassiné avec sa femme à l'âge de 78 ans dimanche, le cinéaste américain a signé 23 longs métrages, dont certains restés cultes : "Quand Harry rencontre Sally", "Stand By Me" ou "Misery".

- Publié le 15-12-2025 à 15h18
- Mis à jour le 16-12-2025 à 16h33

Lundi matin, c'était la consternation à Hollywood, quand le monde du cinéma a appris la disparition de Rob Reiner, assassiné avec sa femme, la photographe Michele Singer, dans leur maison du quartier chic de Brentwood, à l'ouest de Beverly Hills.
"Son empathie sans borne a rendu ses histoires intemporelles, apprenant à des générations à voir la bonté et la droiture chez les autres", a réagi le gouverneur de Californie Gavin Newsom, qui a également souligné l'engagement du couple pour les droits LGBTQ +. De son côté, Karne Bass, la maire de Los Angeles, a parlé sur le réseau X "d'une perte immense pour notre ville et notre pays" : "L'héritage de Rob Reiner est profondément ancré dans la culture et la société américaines." Cela faisait en effet plus d'un demi-siècle que l'Amérique côtoyait le visage bonhomme de Rob Reiner, d'abord comme acteur, puis comme réalisateur…
Dans les pas de son père
Né le 6 mars 1947 à New York, Rob Reiner est un enfant de la balle. Son père, Carl Reiner, était en effet acteur, réalisateur, mais aussi le créateur de la célèbre sitcom The Dick Van Dyke Show dans les années 1950. Tandis que sa mère, Estelle Lebost, était artiste, comédienne et chanteuse de cabaret.
Diplômé en cinéma de la prestigieuse UCLA, l'université de Los Angeles, Rob Reiner trouve quelques petits rôles au grand écran. Avant de se faire engager par un ami de son père — qui ne trouvait pourtant aucun talent comique à son fils… — sur la sitcom All in the Family, dans laquelle l'apprenti comédien incarne un étudiant empreint d'idéaux soixante-huitards face à son beau-père ouvrier rétrograde. Si la série est restée inédite en francophonie, diffusée de 1971 à 1979 sur CBS, celle-ci a marqué les esprits outre-Atlantique, remportant à deux reprises l'Emmy Award de la meilleure série comique. Quand le jeune acteur décrochait, en 1974 et 1978, celui du meilleur second rôle.
Ce succès au petit écran aurait pu ouvrir une vraie carrière de comédien à Rob Reiner. C'est pourtant vers la réalisation qu'il se tourne dès 1984 avec Spinal Tap, un faux documentaire culte consacré à un groupe de heavy metal parodique imaginé pour une émission de télé réalisée par Reiner en 1978. En septembre dernier, sortait dans les salles américaines sa suite 47 ans plus tard : Spinal Tap II : The End Continues, qui restera le dernier film du cinéaste.

Amateur de Stephen King
En 1986, Rob Reiner rencontre un grand succès avec son troisième film Stand by Me, magnifique adaptation d'une nouvelle de Stephen King. Qu'il retrouvait en 1990 pour Misery, avec une impressionnante Kathy Bates (oscarisée pour l'occasion) retenant James Caan en otage. Misery est l'un des premiers films produits par Castle Rock Entertainment (du nom d'une ville fictive du Maine où King situe plusieurs de ses récits), boîte de production cofondée par Reiner en 1987. À qui l'on doit d'autres adaptations classiques du maître de l'épouvante, dont Les Évadés et La Ligne verte de Frank Darabont.
En 1989, deux ans après avoir pastiché le conte de fées avec talent dans Princess Bride, Rob Reiner signait ce qui est désormais considéré comme un grand classique de la comédie romantique : Quand Harry rencontre Sally. Avec son inoubliable scène au Katz's Delicatessen, quand Meg Ryan simule un orgasme explosif face à un Billy Cristal médusé.

Une carrière en déclin
Après une décennie 1980 très riche, la carrière de Rob Reiner commence doucement à décliner. Si, en 1992, il signe son plus gros succès au box-office avec Des hommes d'honneur (adaptation de la pièce d'Aaron Sorkin avec Tom Cruise, Demi Moore et Jack Nicholson), ses films suivants ne connaîtront pas le même succès ou passeront carrément inaperçus. Parmi ceux-ci, on peut citer Le Président et Miss Wade (avec Michael Douglas et Annette Bening en 1995) ou Sans plus attendre (l'avant-dernier rôle de Jack Nicholson en 2007).
Auteur de 23 longs métrage, Reiner a également fait quelques apparitions comme acteur tout au long de sa carrière. On l'a ainsi vu chez Nora Ephron (Nuits blanches à Seattle en 1993), Woody Allen (Coups de feu sur Broadway en 1994), Mike Nichols (Primary Colors en 1998) ou Martin Scorsese (Le Loup de Wall Street en 2013). Tandis qu'au petit écran, il a joué dans 30 Rock, New Girl ou encore tout récemment dans la saison 4 de The Bear.
