Un Ramdam d'enfer à Tournai !
Du 16 au 26 janvier prochains, le festival du film qui dérange propose une 16e édition toujours aussi pointue.

- Publié le 09-01-2026 à 19h31

Depuis son lancement en janvier 2011, le Ramdam Festival de Tournai peut compter sur une marraine fidèle : Lubna Azabal. L'actrice belge sera à nouveau présente à l'Imagix, ce vendredi 16 janvier, pour la soirée d'ouverture de la 16e édition du "Festival du film qui dérange", où sera dévoilé en avant-première belge Le Mage du Kremlin. En Compétition à la dernière Mostra de Venise, cette adaptation attendue du roman de Giuliano da Empoli est signée Olivier Assayas, avec un excellent Jude Law dans le rôle de Vladimir Poutine et un formidable Paul Dano dans celui de son éminence grise.
Le Ramdam aura bien besoin du soutien de sa marraine, mais aussi de son public fidèle — avec un record de fréquentation de 35 000 spectateurs en 2024… "Cette année, plus que jamais, nous avançons avec la conviction que la culture n'est pas un luxe, mais une nécessité vitale. À l'heure où des restrictions budgétaires fragilisent profondément le secteur culturel", déplorent les organisateurs du festival dans leur édito, qui mettent également en garde contre "la montée de l'extrême droite, les replis identitaires et les conflits qui s'enchaînent".
Autant que raisons d'exister pour ce rendez-vous cinéphile qui regarde en face les évolutions du monde. Et ce à travers une riche programmation de 66 longs métrages et 42 courts, qui se clôturera le 26 janvier avec la projection de La Maison des Femmes de Melisa Godet. Dans son premier film, la Française réunit un très beau casting féminin (Karin Viard, Laetitia Dosch, Eye Haïdara, Oulaya Amamra, Juliette Armanet…) pour retracer l'histoire de cette institution de Saint-Denis où l'on accueille et où l'on soigne les femmes victimes de violences.

26 films en Compétition
Parmi les 26 films présentés cette année en Compétition, on retrouve quatre films remarqués à Venise : l'inspiré La Grazia de Paolo Sorrentino (avec un immense Toni Servillo, honoré du prix du meilleur acteur), l'implacable À pied d'œuvre de Valérie Donzelli avec Bastien Bouillon (prix du meilleur scénario, d'après le livre de Franck Courtès), le radical No Other Choice du Coréen Park Chan-wook (remake du Couperet de Costa-Gavras) ou encore Calle Málaga, second long métrage de la Marocaine Maryam Touzani, avec Carmen Maura.
En provenance de Cannes, on pourra voir The Love That Remains, étrange comédie familiale signée par l'Islandais Hlynur Pálmason (auteur du fabuleux Godland en 2023), et Amrum, où Fatih Akin met en scène le dernier scénario, très personnel, de son mentor Hark Bohm (décédé le 14 novembre dernier). Tandis que, dévoilé en Compétition à Berlin, Dreams marque les retrouvailles entre le Mexicain Michel Franco et Jessica Chastain, un an après le merveilleux Memory. Parmi les autres avant-premières, citons encore Nuremberg de James Vanderbilt (d'après Le Nazi et le psychiatre de Jack El-Hai), avec Russel Crowe dans le rôle d'Hermann Göring, ou Baise-en-ville de Martin Jauvat, avec Emmanuelle Bercot.

Rencontre Thierry Michel-Philippe Reynaert
À côté de la compétition (dont c'est le public qui décerne le prix), le Ramdam propose d'autres sections, dont Génération, qui se consacre à la jeunesse. Celle-ci s'ouvrira, le 18 janvier, avec Ma Frère avec Amel Bent, second long métrage de Lise Akoka et Romane Guéret après le remarqué Les Pires en 2023. On pourra également y voir le très beau Christy de l'Irlandais Brendan Canty, DJ Ahmet du Nord-Macédonien Georgi M. Unkovski ou encore La Danse des renards, premier long du Belge Valéry Carnoy.
Durant le festival, le cinéma belge sera également mis à l'honneur avec, entre autres, Nino dans la nuit de Laurent Micheli (Lola vers la mer) avec Mara Taquin, L'Enfant bélier de Marta Bergman (sur l'affaire Mawda) ou encore Les Filles du ciel, joli premier film de la comédienne Bérangère McNeese. Sans oublier, le samedi 24 janvier, un dialogue intitulé De Charleroi à Kinshasa, en quête de l'autre, entre le cinéaste Thierry Michel (primé l'année dernière à Tournai pour son documentaire L'Acier a coulé dans nos veines) et l'ancien journaliste Philippe Reynaert.
Enfin, du côté de la programmation documentaire, Quentin Noirfalisse (Après la pluie) et Stenka Quillet s'intéressent aux PFAS, nos poisons éternels, Raoul Peck rend hommage à la pensée de l'auteur de 1984 dans Orwell 2 + 2 = 5, Yann Arthus-Bertrand est de retour avec France, une histoire d'amour. Tandis que l'Ukrainienne Kateryna Gornostai décrit, dans Timestamp, le fonctionnement de l'institution scolaire dans un pays en guerre.

- Rens. et tickets : www.www.ramdamfestival.be.