De New York à New Delhi, les stars intentent des procès contre ChatGPT et l'intelligence artificielle générative
La star de Bollywood Anil Kapoor a remporté un procès. George R.R. Martin ("Game of Thrones") et d'autres auteurs attaquent en justice OpenAI, la start-up derrière ChatGPT.

- Publié le 21-09-2023 à 13h36

Les artistes montent au créneau contre les intelligences artificielles génératives. Lundi, les artistes de la voix, réunis au sein de l'United Voice Artists (UVA), rencontraient à Bruxelles des eurodéputés et des membres de la Commission européenne.
Mercredi, George R.R. Martin, l'auteur de la saga Game of Thrones, et d'autres écrivains ont lancé des poursuites contre la start-up californienne OpenAI, qu'ils accusent d'avoir utilisé leurs œuvres pour créer ChatGPT au mépris de leurs droits d'auteur.
Jeudi, enfin, le média Variety a annoncé que la star de Bollywood Anil Kapoor (Slumdog Millionaire) a remporté un procès. Les droits de sa personne, y compris son nom, son image, sa voix sont désormais protégés contre toute utilisation abusive, y compris sur les médias numériques.
L'acteur a intenté ce procès suite au grand nombre de vidéos et d'emojis transformés à son effigie qui circulent, ainsi que de la reprise de sa phrase emblématique "jhakaas", utilisée pour la première fois dans le film Yudh (1985). Cette expression culte de l'acteur (dont l'équivalent français pourrait être "Grave !") est désormais protégée.

Même si ce procès s'est tenu à New Delhi, il pourrait faire figure de modèle pour d'autres à venir. L'IA générative constitue un des enjeux de la grève en cours à Hollywood. Anil Kapoor, qui est apparu dans des productions hollywoodiennes (dont Mission impossible : Protocole Fantôme) a exprimé son soutien à ses collègues américains : "Cela [l'ordonnance du tribunal] devrait être une excellente nouvelle pour eux tous, dans une certaine mesure. […] Chaque acteur a le droit de se protéger et de protéger ses droits".
Vol systématique à grande échelle
Sa position rejoint celle de l'Authors Guild (qui représente les écrivains) qui a déposé plainte à New York. "Au cœur des algorithmes [des IA génératives] se trouve le vol systématique à grande échelle", assènent leurs avocats. "[Ces logiciels] mettent en danger la capacité des auteurs de fiction à gagner leur vie, dans la mesure où ils permettent à n'importe qui de générer automatiquement et gratuitement (ou à très bas prix) des textes pour lesquels ils devraient autrement payer des auteurs".
OpenAI a eu besoin de textes trouvés en ligne pour former le modèle de langage de ChatGPT, mais n'a jamais précisé quels sites et écrits ont été utilisés. "De manière injuste et perverse, […] la copie délibérée (du travail) des plaignants transforme donc leurs oeuvres en moteurs de leur propre destruction" ajoute la plainte.
Ces arguments font écho aux revendications des scénaristes en grève à Hollywood qui redoutent le recours aux IA génératives dans certaines phases de la conception de scénario.
Les artistes semblent décidés à démontrer que "l'intelligence artificielle" des logiciels ne sort pas de nulle part. Et que sa source est bien humaine et mérite protection et rétribution.