À Bozar, les cinéphiles et les fans de VR se donnent rendez-vous au 23
Une salle entièrement rénovée renoue avec le public : 75 places dédiées à la découverte artistique et cinéphile, dotée des dernières technologies en matière sonore, au cœur du Palais des beaux-Arts.

- Publié le 20-10-2024 à 11h06

Un parfum de tissu neuf flotte dans la salle. Lorsqu'on se love dans les épais fauteuils grenat, l'odeur nous enveloppe et monte même un peu à la tête. Cette ivresse des profondeurs est emblématique de l'immersion cinématographique promise par la "nouvelle" salle 23 de Bozar. On a placé des guillemets, car il s'agit d'une remise à neuf et pas de la création d'un nouvel espace.
Si cette salle du Palais des Beaux-Arts renoue avec le grand public, elle a connu plusieurs affectations et dénominations de 1928 à nos jours. D'abord fumoir de la grande salle de concerts, elle a ensuite été transformée en Salle du Conseil et enfin, dévolue à des projections publiques et rebaptisée salle "23", en clin d'œil à la localisation du Palais sur la rue Ravenstein. Une affectation qu'elle retrouve aujourd'hui, entre le hall des expos et la grande salle de concerts Henri le Bœuf, tandis que le chantier de rénovation se poursuit dans les sous-sols de Bozar.

Cet écrin intime – 75 places – allie modernité et confort pour proposer une expérience dernier cri aux cinéphiles. La salle est en effet dotée de la technologie Dolby Surround 7.1, de quoi s'en mettre plein les pavillons et ravir autant les amateurs de musique que les fans d'expérience immersive, sans oublier les passionnés de réalité virtuelle (VR) qui seront régulièrement invités au sein du programme du 23.
La programmation hors les murs (à Flagey, à Cinematek, etc.), durant les travaux, ayant démontré ses limites, l'équipe de Bozar a imaginé cette rénovation pour ramener les cinéphiles au cœur du Palais et recréer du lien entre les expos, la librairie et les films d'art(istes) auquel ce public est attaché.

Sept axes de programmation ont été définis et seront testés d'ici la fin de l'année et en 2025. Un menu qui alternera Close-ups sur différents cinéastes et films d'artistes, grandes Premières cinéma, proposant deux à trois fois par mois des films inédits ou fraîchement restaurés ; propositions mensuelles Art&Film, exploration de New Voices et une version festivalière baptisée Our Burning World sur des questions politiques et sociétales, deux fois par an. À cela s'ajoutent les journées d'Immersive Cinema et le retour du Family Film Club en collaboration avec Filem'on et Anima. Tous les deux sur un rythme mensuel.
Les Close-ups se déclinent sur plusieurs jours et marient projections, masterclasses, carte blanche et autres rencontres. Le premier est annoncé du 7 au 10 Novembre et se penchera sur le travail de Tizza Covi et Rainer Frimmel, couple à la ville et derrière la caméra. Venus du documentaire, ces deux photographes installés en Autriche aujourd'hui ont conçu une œuvre alliant réalité sociale et approche poétique, qui entre en parfaite résonance avec l'exposition Love is louder en cours à Bozar. Suivront, du 4 au 8 décembre, le duo italien Bêka et Lemoine ainsi que l'Ukrainien Sergei Loznitsa, invité du 11 au 15 décembre. À plus longue échéance, c'est le cinéaste malien Souleymane Cissé (du 1er au 4 avril) et la réalisatrice polonaise Malgorzata Szumowska (du 20 au 23 juin) qui seront accueillis à Bruxelles.
Le mariage Art&Film est l'une des spécificités de Bozar, une façon de prolonger le champ d'exploration des expositions en cours, de mettre sous les projecteurs un(e) célèbre artiste (peinture, sculpture, gravure,…) ou une œuvre musicale particulière, voire de redécouvrir la matière sonore d'un film via la partition unique du ciné-concert. Une balade offrant une sélection de courts métrages du célèbre Apichatpong Weerasethakul (du 24 au 27/10), qui se poursuit en compagnie du musicien et comédien japonais Ryuichi Sakamoto (du 1er au 3/11), cela ne se refuse évidemment pas.
Parmi les New Voices, jeunes pousses du cinéma mondial accueillies ensuite, on note Ann Oren (jusqu'au 24/10), Jialai Wang et Hugo Amoedo Canal (13 au 16/11), tous les deux installés à Bruxelles, mais aussi Jaione Camborda et Leonor Teles (18 au 22/12).
Enfin, les plus jeunes (d'esprit ou de corps) ne rateront pas le rendez-vous fixé par le Norvégien Mats Grorud avec le jeune Wardi, le 10 novembre, dans le Family Film Club.
=> Détails et programmation complète sont à retrouver sur le site de Bozar.