Revoir Gérard Corbiau à la Cinematek
Ce 8 octobre, s'ouvre une rétrospective consacrée au cinéaste belge, à l'occasion de la restauration du "Maître de musique".
- Publié le 08-10-2026 à 09h29

C'était il y a près de quarante ans et ce fut comme un coup de tonnerre – ou plutôt un coup de cymbale – dans le paysage cinématographique belge. "En 1988, un film belge, Le Maître de musique, est nommé pour l'oscar du meilleur film étranger. Grande est la surprise ! Quoi, un film à sujet culturel, qui traite de musique et de chant, matière "élitiste", et qui plus est, on découvre aussi pour la première fois le nom de Gérard Corbiau", écrit Jacqueline Aubenas dans le Dictionnaire du documentaire (1990), à propos d'un auteur venu du terrain documentaire.
Avant de réaliser sa grande fresque fictive sur un chanteur d'opéra qui décidait de quitter la scène, avec l'immense baryton belge José van Dam -disparu le 17 février dernier -, Gérard Corbiau s'était taillé une carrière dans de grands reportages à la RTBF.
En 1968, fraîchement sorti de l'IAD, il réalisait le montage de La Grande Barrière de Corail, splendide film issu d'une expédition scientifique belge de 1967, qui a été restauré depuis dans ses couleurs éclatantes). Il pose aussi son regard sur les jeunes travailleurs d'une usine de gaufres aux côtés d'André Dartevelle (L'Atelier à quinze ans, 1975), avant d'être affecté au service musique Opéra-ballet. C'est une révélation et le début d'une série de grandes fresques musicales.
En 1981, il rencontre José van Dam (à qui il consacra Chronique d'une saison, mais aussi, en 2007, José van Dam, 25 ans après), ce qui le conduira à réaliser Le Maître de musique, puis son autre chef-d'œuvre, Farinelli en 1995 (qui obtiendra le Golden Globe du meilleur film étranger).
Le 25 octobre, la projection du Roi danse (film de 1996 sur la passion quasi "politique" pour la danse de Louis XIV, campé par Benoît Magimel) sera précédée d'une rareté : la publicité (forcément symphonique) signée Corbiau pour le parfum Chanel N°5. Sans oublier les ateliers et l'exposition qui accompagnent ce cycle exceptionnel de 11 films de Gérard Corbiau.

- Du 8/10 au 7/11 à la Cinematek à Bruxelles. Rens. : www.cinematek.be.