Evangeline Lilly: "Je me sens forte comme la Guêpe mais aussi très vulnérable"
La co-star de "Quantumania" rêverait d'avoir un film en solo.

- Publié le 16-02-2023 à 14h09

L'Univers cinématographique Marvel (MCU) est un vortex dangereux : il vous absorbe une carrière sans prévenir. Evangeline Lilly, ex-star de la série Lost, elfe guerrière dans la trilogie du Hobbit, en est déjà à son troisième film dans la saga Ant-Man (plus une apparition dans le final de Avengers : Endgame). Avec Ant-Man et la Guêpe : Quantumania, elle prend encore un peu plus de galon, belle-mère d'une Cassie Lang, qui rejoint la famille des héros costumés.
Evangeline Lilly y est entrée par la petite porte : d'abord celle de second rôle féminin. Hope Van Dyne, dans le premier opus d'Ant-Man (2015) la montrait certes en femme de tête, scientifique de renom, capable de donner une leçon musclée à Paul Rudd. Mais elle n'avait pas encore droit à plus d'action. Chose corrigée avec Ant-Man et la Guêpe (2018) qui, à bien y regarder, est le premier film MCU à inclure le nom d'une héroïne dans son titre.
"Cela a progressé indubitablement à pas de géant depuis le début, répond-elle quand on l'interroge sur la diversité au sein du MCU. Il y a tellement plus de représentation de femmes aujourd'hui qu'il n'y en avait même lorsque le nom de la Guêpe a été mis dans le titre pour la première fois. Il y a aussi de plus en plus de jeunes femmes, ce qui est vraiment cool. Mais il reste du chemin à parcourir, notamment en ce qui concerne la complexité et la nuance des personnages féminins. Je n'ai pas encore vu Wakanda Forever par exemple. J'ai hâte de le voir parce que j'ai l'impression qu'il était très fort à cet égard. Et j'ai trouvé que Wandavision était également très abouti, avec un personnage féminin complexe, tridimensionnel et pleinement accompli."
Le côté obscur
En pleine tournée promo de Quantumania, l'actrice s'est ouvertement prononcée en faveur d'un film exclusivement centré sur son personnage. "L'idée est venue d'un fan qui a posé la question lors d'un panel. Kevin [Feige, le producteur en chef du MCU] était assis juste derrière moi. Je me suis tournée vers lui : 'Qu'est-ce que tu en dis ?' Il est resté bouche bée." Si aucun film La Guêpe n'est planifié à ce jour, Evangeline Lilly a bien sa petite idée sur un scénario éventuel. "J'avais une histoire très spécifique en tête lorsque nous avons développé Quantumania. Cela n'a rien à voir avec ce que nous avons fini par faire. Il s'agissait d'explorer le côté le plus sombre de Hope dont nous avons eu un aperçu dans le premier film. Elle avait un potentiel obscur que nous avons délaissé ensuite. Son évolution s'est faite vers la guérison, l'amour et la connexion [avec Scott et Cassie]."
L'actrice s'estime toutefois en symbiose avec son personnage, "une femme très forte et sûre d'elle-même. Mais elle est beaucoup plus douce à l'intérieur. Il y a une douceur en elle qui est quelque peu cachée derrière sa carapace. Et je me surprends à traverser la vie parfois, surtout dans ce business, et à penser que les gens m'imaginent plus dure que je ne le suis vraiment."
Vulnérabilité
Elle confesse d'ailleurs, malgré vingt ans de carrière, éprouver toujours une forme de "torture" face à la caméra. "C'est probablement un peu exagéré. C'est devenu plus facile au fil des ans. Il me faudrait probablement un livre entier pour l'expliquer. Mais il y a quelque chose dans le fait d'enfiler une autre personnalité. Vous devez vous mettre dans une autre peau si vous voulez traduire ses émotions. Je me sens très vulnérable et exposée dans un environnement qui n'est pas vraiment sûr. Il y a surtout des inconnus qui gagnent de l'argent avec ce que vous faites. C'est essentiellement la nature de ce travail."
Des critiques fusent parfois sur l'omniprésence des super-héros dans les blockbusters hollywoodiens. Evangeline Lilly n'élude pas le sujet : "Je pense que le divertissement est toujours un reflet de la société à un moment donné. C'est un instantané de ce qui se passe dans le monde. Des années septante aux années nonante, le public avait soif de films plus chargés, plus noirs, plus denses. Mais si vous regardez, par exemple, l'époque de Charlie Chaplin, les périodes de la guerre et la Dépression, ce que le public cherchait c'était l'évasion. Ils voulaient rire. Ils ne voulaient pas penser à leurs problèmes. Et ils ne voulaient certainement pas que des sujets trop déprimants viennent s'ajouter à une vie déjà compliquée et difficile. J'ai l'impression que nous sommes revenus à une période similaire, dans un monde où tout est devenu incertain. Les gens sont effrayés, anxieux voire en colère. Ils ont besoin de s'échapper et qu'on leur raconte des récits dans des univers fantastiques où tout finit bien à la fin. Je pense que c'est là où nous en sommes culturellement."
Quant à savoir si elle est près de se sortir de cette Marvelmania, mystère. "Je ne sais rien du tout. Je ne sais pas ce qui va arriver. J'aurais peut-être dû leur demander. Mais j'ai tendance à suivre mon petit bonhomme de chemin. Je vis dans une ignorance béate !"
