"Hope", une ambitieuse série B coréenne
Dévoilé en Compétition à Cannes, le quatrième film explosif de Na Hong-jin débarque ce mercredi sur nos écrans.

- Publié le 28-10-2026 à 11h00

En mai dernier, Hope donnait à la sage Compétition cannoise des airs de séances de minuit. Accueilli entre enthousiasme sincère et incompréhension polie de voir une telle série B (mais avec d'énormes moyens) concourir pour la Palme d'or, ce film de monstres de 2h40 a finalement vu son buzz retomber en quelques heures. Aussi vite oublié, le quatrième long métrage du Coréen Na Hong-jin a finalement été laissé de côté de son palmarès par le jury de son compatriote Park Chan-wook.
Hope est un petit village portuaire près de la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Il ne se passe jamais rien dans cette bourgade tranquille. Jusqu'au jour où l'officier de police Beom-seok (Hwang Jeong-min) est appelé par un jeune chasseur (Jo In-sung) pour une drôle d'histoire. Fier à bras ayant regardé beaucoup de séries américaines, le flic débarque sur une route isolée, où l'on a retrouvé un bœuf mort. Le pauvre animal est profondément lacéré. Est-ce un ours ? Un tigre descendu de Sibérie ?
C'est parti pour une course-poursuite pétaradante contre un monstre invisible d'une heure dans une ville dévastée comme si Godzilla était passé par là. Avant que le film ne change de direction…

Cinéaste culte
Na Hong-jin a réalisé quatre films. Tous ont été montrés sur la Croisette. En 2009, The Chaser avait été accueilli par une standing ovation de 10 minutes hors Compétition. Suivront The Murderer à Un Certain Regard en 2010 et The Strangers hors Compétition en 2016. Dix ans plus tard, le Coréen était de retour à Cannes avec un blockbuster coréano-américain qu'il aurait dû coréaliser à l'origine avec Alfonso Cuarón. Ce qui explique sans doute les noms au générique de Michael Fassbender et Alicia Vikander (même s'ils sont bien cachés à l'écran…).
Premier volet de ce que le Coréen présente comme une trilogie, Hope parodie de façon assez jubilatoire le cinéma d'action hollywoodien des années 1980. Le film se veut tout à la fois une comédie portée par des acteurs coréens en surjeu total — avec une scène scatologique d'anthologie, très applaudie… — et un film d'action pétaradant. Avec la promesse finale d'un grand film de science-fiction.
Formellement, la démonstration de force est très impressionnante – notamment dans sa première heure, époustouflante -, Na Hong-jin n'ayant pas son pareil pour rendre l'action toujours lisible, même quand il la truffe d'éléments parasites ou d'humour décalé. Sur le fond, c'est maigre. Et c'est surtout très long et très répétitif.


Hope
Science-fiction Scénario et réalisation Na Hong-jin Photographie Hong Kyung-pyo Musique Michael Abels Montage Kim Sun-min Avec Hwang Jeong-min, Jo In-sung, Jung Ho-yeon, Michael Fassbender, Alicia Vikander… Durée 2h40