Bilan exceptionnel: 80.000 visiteurs à la Foire du livre

Enthousiasme, le maître mot des organisateurs comme des participants.

BRUSSELS, BELGIUM - MARCH 30 :
Start of the Brussels Book Fair pictured on MARCH 30, 2023 in Brussels, Belgium, 30/03/2023 ( Photo by Philip Reynaers / Photonews
La Foire du livre de Bruxelles a fermé ses portes ce dimanche 2 avril. ©PRE

S'il ne fut pas toujours aisé de se déplacer dans les allées des hangars (sheds 1 et 2) auxquels s'est ajoutée la Gare maritime de Tour&Taxis où vient de prendre fin la Foire du livre de Bruxelles, ce dimanche 2 avril, ce fut pour la bonne cause. Après deux années sans, l'événement a renoué avec le public. L'édition de 2019 (avant la pandémie) avait accueilli 72000 visiteurs. La 52e Foire la dépasse largement, annoncent les organisateurs, avec 80000 tickets.

Tanguy Roosen, président du conseil d'administration, et Gregory Laurent, de nouveau aux commandes de la Foire du livre après la démission de Marie Noble en septembre 2022, se sont dit "très heureux". Un plaisir couplé à un soulagement. Il n'était en effet point évident de revenir après trois ans.

Pour Patrick Moller, directeur général de Dilibel (qui diffuse les ouvrages des éditeurs du groupe Hachette), "en trente ans de Foire du livre, cette édition est exceptionnelle". "Ce que les libraires ont vécu en 2021 quand les livres avaient été considérés comme biens essentiels continue d'avoir des retombées", estime-t-il.

Diane Platteeuw, de la librairie "Claudine" à Wavre, ainsi que ses consœurs et confrères des librairies "A livre ouvert" de Bruxelles et "Livres aux trésors" de Liège arborent des sourires radieux sur le stand d'Actes Sud. "Nous n'étions pas là uniquement pour tenir la caisse. Il y a eu une forte demande de conseils littéraires", se réjouit-elle.

Public éclectique

Qui dit Foire du livre dit séances de dédicace, mais pas seulement. Dimanche, les files étaient longues pour Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt ou Grégoire Delacourt. Elisabeth Kovacs, une des six permanentes de l'équipe, insiste sur l'éclectisme de la manifestation. En plus des stands qui ont accueilli les auteurs et autrices, nombre de débats, rencontres ou conférences ont séduit les amateurs de littérature.

Il n'y a pas un public, mais des publics. Ainsi, les journées de jeudi et vendredi ont vu défiler 5 300 scolaires. Ça a bien chahuté dans les allées, paraît-il. Que dire de cette maman, particulièrement bien inspirée qui, aux abords de L'école des loisirs, souffle à ses deux enfants : "Vous pouvez choisir deux livres chacun".

Si l'affluence est qualifiée de record, les ventes le sont aussi. "Le pouvoir d'achat étant ce qu'il est, on craignait une baisse. Pourtant, on s'est fait dévaliser", commente Béatrice Lacoste, responsable commerciale Salons chez Gallimard.

Mercredi soir, alors qu'avait lieu la soirée d'ouverture, une inquiétude persistait parmi l'équipe organisatrice : comment le public allait-il s'y retrouver – la configuration entre les salles n'étant plus la même ? On passait de 4 sheds à deux avec la Gare maritime reliée par une passerelle. François Annycke, directeur de l'Agence régionale du livre et de la lecture des Hauts de France, s'y est en tout cas bien plu. Le public y aura aussi trouvé, par exemple, le chemin d'une performance dessinée en musique avec huit artistes. "Deux salles, deux ambiances", observe Elisabeth Kovacs. Et puisque tous les voyants sont au vert ("éclatant" selon Tanguy Roosen), une 53e édition se tiendra bien en 2024, Toujours gratuite. Toujours à Tour&Taxis.

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