Le CA de la RTBF ne sanctionne pas Nadia Geerts après ses propos polémiques sur Gaza
Nadia Geerts avait finalement supprimé son message polémique et a, depuis, présenté ses excuses à plusieurs reprises.

- Publié le 19-09-2025 à 22h05

Le conseil d'administration de la RTBF a finalisé vendredi les discussions autour des déclarations polémiques de Nadia Geerts, vice-présidente MR de cet organe, qu'elle avait formulées à la fin juin, a-t-il annoncé en début de soirée. Aucune sanction n'a été prise à son égard car ces propos "lui sont personnels" et "par conséquent, n'engagent en aucune manière le conseil d'administration de la RTBF et ses membres". Toute décision de révocation d'un membre du CA relève en outre de la compétence du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, souligne-t-on.
Dans un tweet publié le 27 juin dernier sur la crise alimentaire à Gaza et supprimé depuis, Mme Geerts avait eu ces mots: "Je dis ça avec toutes les précautions nécessaires, mais si on cherche un restaurant à Gaza sur Google, on en trouve plusieurs qui ont l'air d'être en activité".
Ces déclarations avaient provoqué de nombreuses réactions indignées, notamment de la Fédération européenne des journalistes (FEJ) et de Jacqueline Galant (MR), ministre en charge des médias en Fédération Wallonie-Bruxelles. La présidente du conseil d'administration, Joëlle Milquet, avait, elle, indiqué qu'elle se "désolidarisait" de ces propos.
La Société des Journalistes de la RTBF (SDJ) avait également réagi dans un courrier adressé à la rédaction, à la direction et à la présidente du CA du média de service public.
A l'issue de sa réunion, le CA assure avoir pris connaissance, "avec une grande attention", du contenu de différents courriers et interpellations qu'elle a reçu à ce sujet ainsi que de la pétition et d'une carte blanche publiée dans Le Soir au mois de juillet à la suite de ces propos. Il a également pris connaissance de l'ensemble des réactions lues et communiquées "tant au niveau interne qu'externe" et dit "en mesurer toute l'importance".
Les déclarations de Nadia Geerts sont "des propos qui lui sont personnels et qui, par conséquent, n'engagent en aucune manière le conseil d'administration de la RTBF et ses membres et ne sont nullement liés au travail d'information de qualité mené avec objectivité au sein des rédactions de la RTBF", relève encore l'organe de gestion.
Il ajoute prendre acte des diverses excuses exprimées, à juste titre, depuis lors par l'intéressée et du fait qu'elle ait retiré ses propos.
La RTBF, qui regrette le contenu des propos tenus, rappelle en outre "la nécessité de respecter les devoirs clairs applicables à tous les membres du CA, en toute circonstance et notamment lors de prises de positions".
Il s'agit notamment du respect du décret organique et du contrat de gestion, de ses valeurs et de ses missions de service public notamment en matière d'objectivité de l'information et du droit de chaque citoyen à une information exacte et complète, énumère le conseil d'administration. Les intérêts de la RTBF et de la Communauté française doivent en outre prévaloir, en toutes circonstances, sur les intérêts personnels directs ou indirects des administrateurs, ajoute-t-il.
Le média de service public évoque encore les règles de déontologie, en particulier en matière de conflits d'intérêts, de loyauté, de discrétion, et le devoir de respecter l'esprit de la charte de l'administrateur public signé par tous les membres du CA.
En conséquence, l'entreprise demande vivement que, pour l'avenir, ces obligations soient respectées et notamment le devoir de réserve et de discrétion inhérent à la fonction, "afin d'éviter tout dommage à l'égard de la RTBF et toute nouvelle décision qui s'imposera au CA".
L'organe "confirme une fois encore son attachement aux valeurs fondamentales de la RTBF inscrites dans le contrat de gestion et au principe essentiel d'indépendance éditoriale et de non-immixtion du conseil d'administration en matière de choix de contenus et de gestion de l'offre d'information".
Il précise, enfin, que toute décision de révocation d'un membre du CA relève de la compétence du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
