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Stephan Eicher, l'esprit vagabond

Rencontre joliment frappée avec le chanteur suisse qui raconte ses tournées continuées, sa musique numérisée, le Covid mortifère et le fatras géopolitique.

Luc Le Vaillant @Libération
Stephan Eicher, l'esprit vagabond
©BELGA

Il porte beau le costume boutonné haut. La barbiche est comme lustrée et la moustache calamistrée. À première vue, Stephan Eicher ne ressemble plus au manouche hype, au nomade tanné par le soleil, au baladin au tambourin bariolé. Il pourrait faire penser à un personnage d'Agatha Christie ou de Maurice Leblanc, savant défroqué masquant ses pertes au jeu par une érudition majestueuse ou docteur répudié par la faculté oubliant ses mésaventures sentimentales sur une felouque remontant le Nil. Il semble reparti un ou deux siècles en arrière, loin du mélodiste pop-rock au phrasé aussi attrayant qu'étrange qui continue à fourbir en duo avec l'écrivain Philippe Djian de belles chansons contemporaines faites de regrets quotidiens et de remords affectifs, de reproches croisant le fer et de rebuts du discours amoureux.

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