L'Ensemble Orchestral de Bruxelles, l'enthousiasme comme moteur
Fondé en 1994 par Jacques Vanherenthals, l'orchestre fête ses 30 ans avec Bach.
- Publié le 01-12-2024 à 15h55

Coup de projecteur sur un orchestre singulier ! Rassemblant les meilleurs professionnels de deux générations, l'Ensemble Orchestral de Bruxelles se dédie depuis sa fondation à un pan essentiel de la formation des jeunes musiciens : leur initiation à la réalité du métier. L'initiative en revient à une personnalité charismatique de la vie musicale bruxelloise (et au-delà, bien sûr), le contrebassiste Jacques Vanherentals, membre de feu l'Orchestre de la RTBF, cofondateur du Quatuor de Contrebasses de Bruxelles, Professeur au Conservatoire, directeur historique de l'Académie de Forest (qui connut sous son impulsion un rayonnement exceptionnel), directeur artistique et musical des Cantates des Minimes, et aujourd'hui chef d'orchestre à plein temps. "En fondant l'Ensemble Orchestral de Bruxelles, nous explique-t-il, ma première motivation était de rassembler les anciens musiciens de l'Orchestre symphonique de la RTBF, dissout en 1991… Nous formions un noyau de base formidable, avec Julius Stenzel au violoncelle, Jean-Pierre Dassonville au cor, Eric Demesmaecker à la contrebasse, la regrettée Ursula Gorniak, et Marc Kowalski, au violon, Paul De Clerck à l'alto, etc. D'emblée, la mission de l'EOB fut établie : coacher les jeunes professionnels ou préprofessionnel se destinant à l'orchestre, tout en offrant à d'autres – parfois les mêmes – des possibilités de se produire en soliste. De quoi gagner la confiance des pouvoirs publics et décrocher (provisoirement…) un petit subside de fonctionnement."
La Messe en si, l'œuvre d'une vie
Outre les jeunes solistes, l'EOB accueillit de "grands" solistes – José van Dam, Dominique Cornil, Eliane Reyes, Jean-Claude Vanden Eynden… – portant leur nombre à plus de 300, invités pour des concertos ou de grandes œuvres chorales. "J'adore le répertoire vocal, au point d'avoir été confronté à un casse-tête au moment de choisir l'œuvre avec laquelle nous allions fêter nos trente ans… Le Messie de Haendel ? Le Requiem de Mozart ? Ou de Verdi ? Carmina Burana de Carl Orff ? Ce sera finalement la Messe en si de Bach, le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre, le plus moderne et le plus ancien ! Cette messe fut ébauchée en 1714 avec le Crucifixux BWV 12 (qui figurera dans le Credo) et s'est construite, par étapes, jusqu'en 1749. C'est l'œuvre d'une vie."
Quand la Messe en si fut-elle créée ? Bach l'a-t-il entendue ? Pour avoir dirigé quelque 180 cantates de Bach (aux Minimes et aujourd'hui à Saint-Jacques sur Coudenberg), Jacques Vanherenthals en connaît un bout sur la question : "Bach ne l'a jamais entendue, elle ne fut éditée qu'en 1845 et jouée en entier plus tard encore, mais je porte toutes ses cantates dans ma mémoire et dans mon cœur et je me sens proche de ce qu'il aurait aimé entendre…"
Techniquement, comment le chef procède-t-il pour un projet de cette envergure ? "Sans moyens structurels (c'est-à-dire sans subsides…) les répétitions sont comptées. Je dois donc viser un maximum d'efficacité. Je reprends une à une les partitions des cordes, je note tous les coups d'archet, les accents, etc. et j'envoie les photocopies à tous les musiciens, pouvant compter sur un noyau de fidèles et un renfort d'étudiants du Conservatoire recommandés par leurs professeurs. Côté voix, nous nous produisons avec les excellents Chœurs de l'Union Européenne (dirigés par Dirk De Moor) et de merveilleux solistes, Julie Gebhart, Alice Depret, Cécile Lastchenko, Marius Ennsthaller et Lieven Termont."
Bozar, le dimanche 8 décembre à 18h. www.bozar.be – 02.507.82.00