Festivals lyriques de l'été : choisir dès maintenant
Salzbourg, Aix et autres : les places sont souvent déjà en vente.
- Publié le 13-01-2025 à 12h49

Envie de se changer les idées d'un hiver grincheux et même pas vraiment blanc ? Il est temps de penser aux vacances d'été et, surtout, à leur programme culturel. Les affiches de tous les grands festivals classiques sont désormais connues, et la location est déjà ouverte pour Aix-en-Provence, Bayreuth et Salzbourg. Après les périodes de priorité réservées aux amis et membres, Glyndebourne et Pesaro suivront en mars et avril.
Premier Parsifal
Comme de coutume, le premier festival à ouvrir ses portes sera celui de Glyndebourne. L'édition 2025 s'ouvrira mi-mai avec la reprise d'un Barbiere di Siviglia de 2016, mais l'événement sera surtout, pour la première fois au festival chic mais campagnard du Sussex, Parsifal. C'est, après Tristan et Isolde et Les Maîtres chanteurs de Nuremberg, le troisième Wagner monté ici : directeur musical de Glyndebourne, Robin Ticciati sera dans la fosse, la mise en scène revenant à la Néerlandaise Jetske Mijnssen – dont la présence est le plus souvent un gage de qualité.
Suivront une reprise du formidable Saul de Haendel dans la production spectaculaire et colorée de Barrie Kosky créée en 2015), et l'autre nouvelle production de l'année : Le Nozze di Figaro, un des Mozart les plus célèbres, dirigé par Riccardo Minasi et mis en scène par une habituée des lieux- la Française Mariame Clément. Les deux ouvrages bénéficieront des instruments anciens de l'Orchestre de l'Âge des Lumières. Retour ensuite du London Philharmonic pour deux reprises : le truculent Falstaff de Richard Jones, et la Kat'a Kabanova de Damiano Michieletto, avec à nouveau Ticciati dans la fosse.
Fondamentaux
Début juillet, on mettra le cap sur le sud de la France. Juste avant l'édition 2024, on apprenait que le Festival d'Aix-en-Provence connaissait des difficultés financières. L'édition 2025 peut donc sembler un peu moins fastueuse, mais, en se recentrant sur les fondamentaux du festival, n'en reste pas moins alléchante Mozart (un nouveau Don Giovanni dirigé par Simon Rattle avec Andrè Schuen dans le rôle-titre), le baroque (La Calisto de Cavalli, sous la direction musicale de Sébastien Daucé et dans une mise en scène de Jetske Mijnssen, la précitée) et la musique contemporaine (création de La biche aux neuf bijoux, œuvre – de chambre de Sivan Eldar et Ganavya Doraiswamy, mise en scène par Peter Sellars). S'y ajouteront, pour le plaisir des voix notamment, la trop rare Louise de Gustave Charpentier (mise en scène de Christoph Loy et Elsa Dreisig dans le rôle-titre), ainsi que des versions de concert des Pêcheurs de perles de Bizet dirigé par Marc Minkowski, et de La forza del destino de Verdi dirigé par Daniele Rustioni et donné… au Théâtre antique d'Orange en coproduction avec les Chorégies : ce sera d'ailleurs un des deux seuls opéras à l'affiche de l'autre Festival lyrique du Sud de la France, lui aussi en crise financière – l'autre étant d'ailleurs un autre Verdi, plus populaire encore : Il Trovatore, avec en principe Anna Netrebko en Leonora et Marie-Nicole Lemieux en Azucena.
Macbeth revient
La rumeur populaire avait annoncé avec insistance à Salzbourg un nouveau Tristan et Isolde pour l'été prochain, et on avait même cité le nom d'Asmik Grigorian en Isolde. On sait que Markus Hinterhauser, le directeur artistique du festival, a fait de la soprano lituanienne sa star absolue : il la veut à l'affiche chaque été. Il n'y aura finalement pas de Wagner (partie remise à 2026 ?), mais un Verdi qui sent un peu la solution de repli : le Macbeth monté en 2023 par Philippe Jordan et Krzysztof Warlikowski repris rebus sic stantibus, et donc avec Grigorian en Lady Macbeth.
Pour le reste, il y aura comme chaque année la reprise de la production Bartoli du festival de Pentecôte (cette fois Hotel Metamorphosis, un pasticcio d'opéras de Vivaldi mis en scène par Barrie Kosky), mais aussi trois œuvres peu (jamais ?) données là-bas : la Maria Stuarda de Donizetti montée autour de Lisette Oropesa, le Giulio Cesare de Haendel (confié à Emmanuelle Haïm et Dimitri Tcherniakov) et Trois sœurs, l'opéra de Peter Eötvös d'après Tchekhov. Et Mozart ? Il y sera, mais avec deux opéras de jeunesse plutôt rares aussi, et proposés dans des versions semi-scéniques : Mitridate (avec Pene Pati et Elsa Dreisig) et Zaide (avec le couple Pichon/Devieilhe). Cela sent aussi un peu les restrictions financières, même s'il faudra aussi compter avec la pléiade habituelle de concerts et représentations théâtrales, dont le fameux et inévitable Jedermann.
Monothématiques
Resteront encore à suivre les deux festivals monothématiques consacrés à un seul compositeur. À Bayreuth, on parle d'économies aussi, mais surtout pour 2026 : l'année du jubilé du Festival – 150 ans après sa création par Richard Wagner – avait été annoncée comme particulièrement faste puisqu'on promettait les dix opéras de la maturité du maître à l'affiche, plus le rare Rienzi. Finalement, il n'y aura que sept opéras.
Cet été, il y en aura huit, mais une seule nouvelle production : Les Maîtres chanteurs de Nuremberg dirigés par Daniele Gatti et mis en scène par Matthias Davids, surtout connu dans le milieu des comédies musicales. Pour le reste, reprise de Tristan et Isolde (Bychkov/Arnarsson), de Parsifal (Heras-Casado/Scheib), de Lohengrin (Thielemann/Sharon) et, pour la dernière fois (bon débarras), du Ring de Valentin Schwarz dirigé depuis l'an passé par Simone Young.
Enfin, à Pesaro, on honorera Rossini, l'enfant du pays, sans plus devoir sortir de sa ville natale : adieu le grand palais des sports de la périphérie, tout se déroulera au centre entre l'Auditorium Scavolini (l'ancien petit palais des sports), et bien sûr le délicieux Teatro Rossini. Le premier accueillera une nouvelle production du très rare Zelmira, marquant les débuts ici (faut-il s'en réjouir ?) de Calixto Bieito. Le second verra une nouvelle Italiana in Algeri dirigée par le ténor (et chef) russe Dimitri Korchak, une reprise de La Cambiale di Matrimonio, ainsi que de l'habituel Viaggio a Reims qui a avant tout pour but de mettre en valeur les élèves de l'académie de chant rossinien.
Glyndebourne, du 16 mai au 24 août. Rens. : 00.44.1273.813813 ; www.glyndebourne.com
Aix-en-Provence, du 4 au 21 juillet. Rens. : 00.33.4.42.17.34.00 ; www.festival-aix.com
Orange, du 13 juin au 25 juillet. Rens. : 00.33.4.90.34.24.24 ; www.choregies.fr
Salzbourg, du 18 juillet au 30 août. Rens. : 00.43.662.8045500 ; www.salzburgfestival.at. Bayreuth, du 25 juillet au 27 août. Rens. : 00.49.921.78780 ; www.bayreuther-festspiele.de
Pesaro, du 10 au 22 août. Rens. : 00.39.0721.380.02.94 ; www.rossinioperafestival.it