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Deux reines s'affrontent, chacune sur sa planète

Une formidable lecture de "Maria Stuarda" en mouvement perpétuel.

Nicolas Blanmont
Elizabeth (Kate Lindsey) contre Mary (Lisette Oropesa)
Elizabeth (Kate Lindsey) contre Mary (Lisette Oropesa) ©Monika Rittershaus Salzburger Festspiele

En 1925, Don Pasquale était le premier opéra non mozartien à être présenté au Festival de Salzbourg. C'est peut-être pour commémorer cette ouverture que le Festival, où le bel canto n'a pas souvent droit de cité, propose cette année un autre chef-d'œuvre de Donizetti, quoique dans un genre différent : Maria Stuarda.

Metteur en scène de théâtre avant tout et également concepteur des décors, Ulrich Rasche a eu la bonne idée de renoncer à la simple illustration de l'anecdote historique pour créer un espace scénique symbolique de l'affrontement sans merci entre Elizabeth Ire et Mary Stuart. Il ne s'agit pas, explique-t-il, "d'un drame historique en costume mais d'une pièce sur le pouvoir, la survie et la menace existentielle". Chaque reine, engoncée dans sa longue robe boutonnée – l'une en noir, l'autre en blanc – est debout sur un immense cercle incliné d'une dizaine de mètres de diamètre. Ces deux plateaux, de 10 tonnes chacun, sont constamment mobiles : de cour à jardin, d'avant en arrière, avec des inclinaisons variables et des subdivisions en anneaux concentriques, au nombre de neuf, qui tournent eux-mêmes en permanence dans des sens et à des vitesses différentes. Royaume d'Angleterre contre Royaume d'Écosse, les deux rivales se toisent du haut de leur planète et ne se toucheront jamais.

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