"Incompréhensible", "extrêmement problématique"...: la participation de la Belgique à l'Eurovision provoque la stupéfaction des partis de gauche
PS, Ecolo et PTB ont fait part de leur incompréhension face à la décision de la RTBF de participer à l'Eurovision malgré la présence d'Israël. La ministre Galant s'est réjouie de la décision prise par le service public.
- Publié le 05-12-2025 à 14h35
- Mis à jour le 05-12-2025 à 16h31

La Belgique participera au prochain concours de l'Eurovision qui se tiendra à Vienne en 2026, a annoncé vendredi la RTBF qui enverra un candidat. La RTBF participera" en tant que service public devant assurer pour ses auditeurs et ses artistes l'accès à un concours de type culturel", se justifie-t-elle.
Cette décision a stupéfié plusieurs partis de gauche qui réclamait le contraire.
"Cette décision est extrêmement problématique", s'est indigné Martin Casier, chef de groupe PS à la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Sur le fond, elle ouvre un canal de promotion à un État qui commet des massacres de populations civiles, qui a organisé la famine des Gazaouis et qui enfreint le droit international. Sur la forme, elle aurait mérité un vrai débat. Des explications devront être données sur la procédure décisionnelle et les principes qui ont guidé ce choix."
"Je suis étonné. J'imagine que nous en saurons davantage. La première chose à faire est de demander clairement quelles sont leurs raisons. En tant que responsable politique, députée, la moindre des choses est d'aller interroger les instances concernées", a réagi Bénédicte Linard, cheffe de groupe Ecolo à la FWB et ancien ministre de la Culture. "Concernant la décision de l'UER, je ne comprends pas comment il est possible, alors que le droit international est bafoué de toutes parts et que les faits de génocide et de politique d'apartheid sont établis, d'accepter la participation d'un pays qui agit de la sorte. L'UER aurait dû refuser qu'Israël prenne part à l'Eurovision."
"Décision incompréhensible de la RTBF : maintenir la participation de la Belgique à l'Eurovision 2026 alors que le concours accepte la présence d'Israël", a fustigé Nabil Boukili, député fédéral PTB. "Un service public devrait écouter ses citoyens, ses artistes et se positionner contre le génocide en cours."
À l'inverse, la ministre francophone des Médias, Jacqueline Galant (MR), s'est réjouie de la décision prise par le service public. "Fidèle à la position que j'ai toujours défendue au Parlement, je salue la décision de la RTBF, alignée sur la large majorité démocratique exprimée au sein de l'UER. L'Eurovision doit rester un rendez-vous culturel qui nous rassemble autour de la paix. Faisons en sorte de garder la culture comme un pont entre les peuples, surtout lorsque le politique renonce à ouvrir la voie."