Giulio Cilona, étoile montante belgo-américaine à suivre
Le chef d'orchestre belgo-américain impressionne aux quatre coins de l'Europe.
- Publié le 03-02-2026 à 13h21

Actuellement à l'Opéra de Lyon pour diriger le très rare Louise de Gustave Charpentier, Giulio Cilona est sans nul doute une des étoiles montantes de la direction d'orchestre en Europe. Né de père italien et de mère belge, ce binational de 30 ans qui a passé son enfance à Beauraing s'est formé successivement à l'Académie de Dinant, à l'IMEP, au Conservatoire de Bruxelles puis au Mozarteum de Salzbourg pour la direction d'orchestre. Deuxième au Concours de chef d'orchestre d'opéras de Liège en 2022, il a remporté le Prix de direction Ernst von Schuch décerné en 2024 au Semperoper de Dresde.
Rapidement engagé à l'Opéra de Hanovre comme Kapellemeister (littéralement maître de chapelle, un mot utilisé pour désigner des chefs qui peuvent être tour à tour assistants, puis titulaires pour diriger certaines soirées), il y a passé quatre ans, excellant dans tous les répertoires (italien, allemand, français…) et apprenant à "faire fonctionner les choses même sans avoir la possibilité de répéter". Il a ensuite occupé la même fonction durant deux saisons à la Deutsche Oper de Berlin, au point d'avoir déjà dirigé une cinquantaine de titres différents.
Chef invité
Depuis septembre, Cilona mène une impressionnante carrière de chef invité, déjà remarqué en Allemagne (Berlin, Hanovre, Dresde, Cologne, Weimar…), en France (Nancy, Toulouse), en Scandinavie (Bergen, Copenhague) ou en Italie (Ravenne, Pesaro, Turin). La Scala de Milan et le Concertgebouw d'Amsterdam sont à son agenda des mois à venir, et il tient à continuer dans le lyrique et dans le symphonique. Et, tant que c'est possible, à continuer aussi à se produire comme pianiste soliste en concertos, une corde qu'il a ajoutée à son arc en décrochant un master supplémentaire à la Hochschule de Hanovre : "Le piano fait partie de ma vie. Quand j'aborde un nouvel opéra, je m'assieds au piano, je joue la partition et je chante toutes les voix. Le piano et la direction d'orchestre sont pour moi deux façons de communiquer ce que j'ai dans le cœur."
Sa capacité à apprendre de nouvelles œuvres impressionne autant que sa maîtrise des langues : il parle couramment le français et l'anglais (comme ses parents), mais aussi l'italien de ses racines et l'allemand de ses années de Kapellemeister, et s'y ajoutent encore de bonnes bases d'espagnol et de néerlandais et même l'arménien, langue de son épouse. Naturellement à l'aise dans les répertoires italiens et allemands, il se passionne aussi pour l'opéra français : "J'avais déjà dirigé Dialogue des carmélites, mais Louise a été pour moi une formidable découverte musicale."
Comme Rustioni ?
Sa capacité à donner sens et profondeur aux belles pages orchestrales qui parsèment l'ouvrage de Charpentier ont fait impression sur le public et sur la critique, mais aussi sur les musiciens lyonnais. Ils ne tarissent pas d'éloges à son égard, tant et si bien que certains voient déjà en lui un possible successeur de Daniele Rustioni comme directeur musical de la deuxième maison lyrique de France.
Giulio Cilona dirigera l'OPRL dans Mozart et Beethoven à Liège et Eupen les 24 et 25 avril ; www.oprl.be