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Quand la matière se divise en quatre

À Anvers, une étonnante pièce du Néerlandais Louis Andriessen

Nicolas Blanmont
Avec Mondrian, le pinacle du spectacle
Avec Mondrian, le pinacle du spectacle © Opera Ballet Vlaanderen / Annemie Augustijns

L'OperaBallet Vlaanderen sort volontiers des sentiers battus. Et s'il peut le faire en mettant en évidence la langue de Vondel, c'est mieux encore. Dans sa nouvelle saison, La Traviata se trouvera ainsi suivie d'un spectacle réunissant deux oratorios du compositeur flamand Peter Benoit, et est actuellement précédée de De Materie, œuvre de Louis Andriessen et Robert Wilson créée à Amsterdam en 1989.

Fils de compositeur, formé notamment auprès de Luciano Berio mais rattaché au courant minimaliste, Andriessen (1939-2021) est passé à la postérité comme la figure proéminente de la musique contemporaine aux Pays-Bas. Il a plusieurs fois approché l'opéra sans se soumettre totalement aux codes et canons du genre, et c'est notamment le cas avec De Materie (La matière), qualifié de "représentation en quatre parties pour soprano, ténor, deux récitants, huit voix et grand ensemble". Pas de véritable livret dialogué mais des collages de texte, pas de véritables personnages mais des figures historiques montrées ou simplement évoquées, des narrations mais pas d'interactions : on est dans le théâtre musical plus que dans l'opéra à proprement parler, mais en même temps dans un équivalent lyrique du film à sketches.

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