Brussels Cello Society : un week-end de Bach à Harry Potter
Pas de quidditch hélas, pour le festival bruxellois 1OO % violoncelle mais huit concerts en trois jours.
- Publié le 29-10-2026 à 15h21
- Mis à jour le 29-10-2026 à 18h14

Quand le jeune californien s'est installé à Bruxelles, pour étudier à la Chapelle Reine Elisabeth, il ignorait sans doute devenir l'artisan du rendez-vous le plus couru des fanatiques de violoncelle. Loin d'être un rendez-vous pour happy few, le festival de la Brussels Cello Society témoigne de la popularité du plus velouté des instruments à cordes. Entretien avec Han Bin Yoon.
Pourquoi un festival entièrement consacré au violoncelle ?
En quelques jours, le public peut découvrir des styles très différents, retrouver des artistes qu'il aime et en rencontrer d'autres. Cette immersion n'a pas d'équivalent dans une saison étalée de septembre à mai. Nous voulons montrer qu'il n'existe pas un seul profil de violoncelliste, mais une multitude d'approches artistiques.
La transmission est-elle votre fil conducteur ?
Oui. C'est le thème que je me suis fixé pour cette édition. Étudiant, les moments les plus inspirants étaient ceux que je passais sur scène avec mes professeurs ou des musiciens que j'admirais. Une demi-heure à leurs côtés pouvait m'apprendre énormément. Je voudrais offrir cette expérience aux jeunes invités du festival. Notre pratique relève aussi d'une tradition orale : nous recevons de nos maîtres ce qu'ils ont eux-mêmes reçu des leurs. Le style, les connaissances, l'émotion se transmettent ainsi. Voir Ettore Pagano jouer avec Marie Hallynck, qui siégeait dans le jury du Concours Reine Elisabeth, me paraît donc magique.
Le tout premier concert se penche même sur la naissance de l'instrument.
Nous oublions souvent d'où nous venons. Le programme proposé par Roel Dieltiens permet de retrouver le moment où le violoncelle s'affirme comme soliste, au-delà de sa fonction de basse. Roel sait merveilleusement en révéler les couleurs et le chant. Ce répertoire reste trop rare au concert. Il nous semblait naturel de partir de ces origines pour suivre l'instrument à travers les siècles, jusqu'aux musiques de film du concert final.
Vous attendiez-vous à rencontrer un tel public ?
Pas du tout ! En 2018, pour le premier concert de la Belgium Cello Society, nous avions réuni les Suites de Bach. J'avais peur que l'église reste vide. Une demi-heure avant le début, toutes les chaises étaient occupées et une longue file attendait dehors ! J'ai compris ce soir-là qu'organiser un festival exigeait davantage que de proposer un beau programme. À l'époque, j'étais musicien, pas administrateur. Cette soirée reste un souvenir magnifique.
Quels rendez-vous attendez-vous particulièrement ?
Notre première collaboration avec le Brussels Philharmonic nous réjouit. Victor Julien-Laferrière, lauréat de la première édition du Reine Elisabeth consacrée au violoncelle, en 2017, revient jouer Schumann : pour moi, l'un des concertos où l'instrument chante le plus. Et nous terminerons avec From Bach to Harry Potter. Après l'octuor O-Celli, des étudiants des conservatoires belges se réuniront en orchestre de violoncelles. Danses et adaptations de musiques de film forment un programme familial, très accessible. Cette scène pleine de musiciens, cette puissance sonore et cette résonance incarnent l'esprit du festival. C'est un son qu'on entend rarement ailleurs en concert.
Brussels Cello Festival, du 30 octobre au 1er novembre. https://www.brusselscellofestival.com