Tout est venu d'une bourde de Louis XVI
D'après le Magic Land Théâtre, si le monarque n'avait pas confondu Waremme avec Varenne, il n'aurait pas perdu la tête.
- Publié le 12-12-2025 à 16h23
- Mis à jour le 14-12-2025 à 11h54

Quand on voit comment les réseaux sociaux réécrivent la réalité, on pourrait presque prendre pour vraisemblable l'histoire écrite par Patrick Chaboud et contée ces derniers jours sur les planches du Magic Land Théâtre : La fuite à Waremme.
Nous sommes le 21 juin 1791, Louis XVI privé de ses pouvoirs par l'Assemblée constituante décide de fuir Paris avec toute sa famille (enfin sur scène, il n'y a que Marie-Antoinette – "cela aurait grevé le budget d'ajouter les rejetons qui n'auraient de toute façon eu aucun rôle"). Poursuivi par les gardes républicains, il veut rejoindre le bastion royaliste de Montmédy alors que Marie-Antoinette, elle, rêve de rejoindre les troupes de son frère massées de l'autre côté de la frontière belge.
Une dispute royale s'étant engagée dans la calèche, et le cocher sentant le vent tourner, les abandonne à leur triste sort. Outre les gardes républicains, les loups rôdent et il leur faut trouver un refuge. Louis XVI doit donc conduire le carrosse mais il n'a pas vraiment le sens de l'orientation et c'est dans cette Principauté de Liège très républicaine que le couple se retrouve perdu en compagnie du comte de Fersen, confident – et très certainement bien plus – de la Reine.
L'équipée royale, désormais à pieds, fourbue et affamée, prend fin dans une auberge, où les trois protagonistes royaux seront arrêtés après moult rebondissements. Un établissement connu encore aujourd'hui sous le nom de "La Frite royale".
Fersen est aussi la voix off de ce récit. Il faut dire que ce comte suédois survivra à la Révolution française. Sa fin ne sera pas forcément comique : il sera lapidé à Stockholm le 20 juin 1810.
Magic Land toujours vivant
Vous l'aurez compris, le rire est omniprésent dans ce spectacle idéal pour la fin d'année. Sur fond – léger – de vérité historique, Patrick Chaboud s'est une fois de plus lâché en calembours, jeux de mots, anachronismes, personnages truculents. Le tout dans un décor que le metteur en scène, aidé de sa petite équipe décidément au four et au moulin, a réalisé lui-même, par économie.
Vivant toujours au jour le jour, le Magic Land Théâtre est assuré d'être présent à Schaerbeek au moins jusqu'en septembre 2026. "Je suis très heureux de l'équipe qui nous a rejoints sur ce spectacle, mêlant comédiens habitués des lieux et revenants, comme Guy Rombaux (jouant l'un des très nombreux André de la pièce)." Amélie Segers, Évelyne Demaude, Loïc Comans, Michael Manconi et Juan Marquez Garcia sont au diapason dans cette pièce très drôle jouée, comme souvent au MLT, sur plusieurs plateaux, où le public est invité à reprendre quelques airs connus évoquant les états d'âme des différents protagonistes.
Actuellement, le rire est notre bien le plus précieux, ne le boudons pas, surtout avec des jeux de mots aussi foireux que ce: "il méritait des tomates, Fersen".
- La fuite à Waremme. Jusqu'au 20 décembre, www.magicland-theatre.com
